Dernièrement, dans mon club affaires, un de mes collègues a évoqué qu’il se sentait imposteur face à une proposition. Il avait l’impression que d’autres personnes étaient mieux placées pour faire le travail. Puis autour de la table, d’autres ont raconté qu’ils se sentaient imposteurs à l’occasion.

Ceci est tout à fait normal car selon les inventeurs du concept, les psychologues Pauline Rose et Suzanne A. Imes, 60 à 70 % des personnes douteraient à un moment ou à un autre de leur carrière, de la réalité ou de la légitimité de leur succès. OK, je suis normal, mais il me semble que ça m’arrive bien plus souvent que ça. J’imagine qu’en tant que travailleur autonome ou entrepreneur c’est normal de douter.

C’est l’automne et comme moi, vous aurez probablement plein d’opportunités, d’occasions de dire oui ou non. Pour ma part, un gros défi m’attend en novembre. Je dois monter et dispenser 5 cours de 3 h en rédaction web pour la formation continue du Cégep Limoilou. Plus de 20 ans après y avoir étudié, j’y retourne pour enseigner. Mais lorsque l’on m’a proposé le poste, le doute m’a pris. Qui suis-je moi pour dire aux autres comme écrire pour le web? Suis-je assez bon? Est-ce que je maitrise vraiment le sujet? Suis-je la bonne personne?

Toutes ces questions, je me les étais déjà posées. La première fois que j’ai créé un nom d’entreprise. La première fois que j’ai rédigé un billet de blogue. La première fois que j’ai créé la personnalité d’une marque. Vous avez compris le pattern. C’est comme si chaque fois que l’on me considère assez talentueux pour faire quelque chose de nouveau, les gens voient en moi ce que je ne vois pas encore. Comme si après avoir acquis assez d’expérience, je doute quand vient le temps de sortir de  ma zone de confort et d’aller me frotter à la critique. J’ai peur d’être jugé, d’être démasqué.

Mais malgré ça, je me pousse à le faire. À sortir de ma zone. Puis la confiance grandit encore jusqu’à la prochaine sortie de zone.

Par exemple, la première fois que j’ai donné mon cours Créativité et contenu numérique au CFP Maurice-Barbeau, j’avais 94 slides pour un cours de 3 h. Je plains les étudiants dans la salle. Mais en lisant sur le syndrome de l’imposteur je me suis rendu compte que c’était un mécanisme de défense appelé l’overdoing. Il s’agit essentiellement d’investir une très grande quantité d’énergie par rapport à une tâche à accomplir de façon à attribuer le succès à cet effort au lieu des compétences réelles.

Pour en revenir à ma première expérience de formateur, j’avais l’impression d’être sous-qualifié (même après 8 ans à rédiger des sites web). Mais aucun étudiant ne pensait comme ça, au contraire. Aujourd’hui, au lieu de nier la propriété de mes accomplissements personnels (la définition du syndrome de l’imposteur), je me réjouis de pouvoir apprendre des choses à mes étudiants même lorsque je ne me sens pas à 100 % en contrôle de mes moyens.

Bref, j’ai l’impression que je devrai encore me battre avec moi-même pour me libérer du syndrome de l’imposteur. Je me réjouis en me disant que je ne suis pas seul à avoir peur d’être démasqué. Mais démasqué de quoi au juste?

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Il y a des gens qui n’arrêtent jamais. Je ne les comprends pas. Si vous faites partie de ces personnes pour qui les vacances c’est du temps perdu, j’espère vous convaincre du contraire. Voici les 7 raisons qui me poussent à partir en vacances.

Faire un feu en camping, une bonne raison de prendre des vacances.
Photo by Ian Keefe on Unsplash
  1. Se reposer. Parce que trop de gens ne dorment pas assez. La fatigue s’accumule et il vient un moment où il faut recharger ses batteries, oublier le cadran et dormir une (ou deux) heures de plus. Qu’on le veuille ou non, le meilleur moyen de regagner de l’énergie est encore de dormir. Pourquoi ne pas profiter de vacances estivales pour commencer à savourer les bienfaits de la sieste?
  2. S’émerveiller. C’est probablement une des choses que j’aime le plus des vacances. Découvrir de nouveaux endroits. Vivre des expériences inusitées. L’œil s’habitue trop rapidement à trop de choses. En vacances, la route amène déjà son lot de paysages différents. Puis on plonge tête première dans ce que les détours de la route nous amènent. En laissant place à l’improvisation. Retrouver mon cœur d’enfant, voir la vie comme un univers à découvrir, voilà l’état d’esprit qui guide mes vacances.
  3. Oublier sa montre. Dès que je suis en vacances, je ferme mon cellulaire et je fuis les horloges. Je me lève lorsque mon corps est reposé, je mange lorsque j’ai faim et je me couche lorsque je m’endors. Lorsque l’on travaille, la dictature du temps rythme nos vies à coups de rendez-vous et de deadlines. Mais à quoi bon avoir l’heure quand on n’a pas d’horaire?     
  4. Se désintoxiquer des médias sociaux. LinkedIn, Instagram, Facebook, Twitter, on ferme tout ça. Et on essaie de voir la vie à travers le filtre de nos propres yeux, sans comparer ses vacances à celles des autres. Décrocher des (mauvaises) nouvelles est aussi une bonne nouvelle. Fini le flot de négatif et de chialage, on se concentre sur notre vie ici et maintenant en se tenant loin du cellulaire. On s’éloigne du virtuel pour profiter pleinement du réel.
  5. Remplir son puits créatif. J’emprunte cette expression à Julia Cameron, auteure de Libérez votre créativité, parce qu’elle est tellement vraie. Pour faire le plein, il faut faire le vide et vice versa. Si je veux être inspiré dans les prochains mois, j’ai besoin de vivre de nouvelles expériences, assister à un show, voir une exposition, découvrir une microbrasserie, lire un livre, etc.
  6. Plonger dans un bon livre. Personnellement, je lis toujours une quinzaine de minutes avant de m’endormir. Mais m’installer dans ma chaise de camping, les deux pieds dans le sable et les deux yeux dans un bon roman, c’est le summum de la lecture. En vacances, je me donne le temps d’embarquer et de suivre les personnages dans leur quête. Je m’abandonne, je me laisse manipuler par l’auteur. Ça fait du bien.
  7. Connecter avec la nature. Je suis un adepte du camping. Pour deux raisons. Premièrement, le contact avec la rivière, avec les arbres, les oiseaux et autres animaux. Deuxièmement, parce que tout prend plus de temps en camping. Même la limite de vitesse de 10 km/h nous invite à ralentir. On vit au rythme de la nature et de notre vraie nature. Vous aurez deviné que je suis adepte des campings sans services. Parce que lorsque je prépare un feu ou que je cuisine sur mon petit bruleur, je ne pense à rien, je suis là à 100 %. Et être présent, ça fait vraiment du bien.

Et vous, quelle est votre bonne raison de prendre des vacances? Je suis toujours partant pour découvrir de nouveaux trucs pour décrocher.

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Est-ce que vos textes sont endormants à mourir? Est-ce qu’ils manquent de vie? Si la nature de vos contenus ne vous stimule pas, il est peut-être temps d’y remédier. Voici 4 façons de faire fleurir vos contenus.

Pour que vos clients poussent comme les tournesols, ça vous prend un contenu riche en nutriments : ton, humour, créativité.
Photo par Aleksandr Eremin sur Unsplash

Préparer la terre

De quoi voulez-vous parler? Quel est l’objectif de votre texte? Faites l’inventaire des sous-sujets à aborder? Peut-être que commencer par les titres des sections peut vous aider? N’oubliez pas d’inclure des mots-clés dans vos titres si vous publiez sur le web. Les titres aident à donner du rythme, en plus d’informer sur le contenu. De bons titres, originaux et clairs sur le sujet du paragraphe vont influencer positivement la lecture du texte. C’est comme si vous guidiez le lecteur jusqu’à la fin. Une bonne préparation vous permettra d’être plus efficace dans votre production de contenu. Vous irez plus vite et surtout, vous n’oublierez rien.

Ajouter un engrais naturel

Quel est le ton de votre entreprise? Si vous ne le savez pas encore, voici quelques questions pour le découvrir. Quelles sont vos valeurs? De quelle façon aidez-vous vos clients? Quelle est votre promesse? Qu’est-ce qui vous distingue de la compétition? Si votre compagnie était une voiture, un animal, une vedette, un style de musique? Qu’est-ce que ce serait et surtout, pourquoi? Ici, l’authenticité est la clé.  Parce que le ton c’est la façon dont seule votre entreprise peut parler. En quoi votre texte ne peut pas avoir été écrit par votre compétiteur? Est-ce que votre positionnement et vos valeurs sont véhiculés à travers les mots utilisés? Est-ce que vous avez une personnalité ou votre texte semble avoir été écrit par un robot?

Arroser d’humour

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi l’humour était aussi présent dans les campagnes publicitaires au Québec? C’est simple, ça crée un capital de sympathie, ça aide à se souvenir du produit et ça démarque. Mais vous n’êtes pas obligé de créer une publicité télé pour faire ça. Vous avez simplement à saupoudrer une petite dose d’humour dans vos contenus. Pas nécessaire de faire un gros gag. Un jeu de mots, une question inattendue, un contre-emploi, une phrase qui fait sourire sont autant de façons de rendre vos textes plus intéressants. Êtes-vous capable d’utiliser l’humour en personne avec vos clients? Et si vous le faisiez aussi dans vos textes?

Ensoleiller de créativité

Amusez-vous! Les gens apprécient une touche d’originalité. Malheureusement, il y a trop de textes beiges qui se ressemblent tous. Oser être différent, c’est une façon  de créer de l’attachement envers votre marque. Pour créer vos produits ou vos services, vous utilisez votre créativité. Pour résoudre des problèmes aussi. Pourquoi ne pas canaliser cette façon de penser dans la création de vos textes? Quelle métaphore peut servir votre propos? Quelle histoire pouvez-vous raconter pour illustrer votre point? Comment pouvez-vous dire que vous êtes professionnel de dix façons différentes? Allez-y, vous êtes capable! Le problème avec la créativité, c’est la lâcheté du cerveau. On prend souvent la première idée qui passe au lieu d’en sortir 25.

J’espère que ces quelques trucs simples vous aideront à mettre les deux mains dans le terreau fertile de vos contenus. En poussant plus loin votre réflexion, vous récolterez des fruits. Et les fruits, c’est bon pour la santé!

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Ça peut paraitre cliché mais j’aime vraiment ce que je fais. Même si je n’étais pas payé pour écrire, j’écrirais quand même. Mais pourquoi est-ce si plaisant d’avoir des idées et de les mettre sur papier? Voici 5 raisons pourquoi rédacteur est un emploi de rêve.

Photo by Juan Marin on Unsplash

Photo par Juan Marin sur Unsplash

  • C’est diversifié et stimulant. Mon métier est tout sauf redondant. Comme rédacteur, je ne fais jamais deux fois le même projet. D’un briefing à l’autre, tout est différent : la cible, la marque, le média, l’axe de communication. Entre la création d’un nom de marque pour une entreprise technologique, la rédaction d’un site web pour une firme d’avocats ou la création d’une campagne de marketing RH pour une compagnie de télécommunications, je n’ai pas le temps de m’ennuyer.
  • C’est un entonnoir pour ma curiosité. Je m’intéresse à tout. Je peux me passionner pour un documentaire sur les énormes camions à Canal D, puis lire un article sur les mathématiques du cosmos et dévorer un livre sur la créativité. Chaque information est susceptible de m’inspirer une idée. Parce qu’au fond, comme le disait si bien Steve Jobs, la créativité c’est « connecting the dots ».
  • Je peux travailler n’importe où. Bien sûr, j’ai un bureau à la maison, que j’affectionne particulièrement les journées de tempête. Je vais aussi travailler dans un coworking une à deux fois par semaine. La Station est un endroit qui me permet de réseauter et de parler de mes enjeux avec d’autres travailleurs autonomes. Et j’aime bien l’ambiance des cafés, particulièrement celle de la Brûlerie Vieux-Limoilou. Par contre, ce n’est pas l’idéal pour une conférence téléphonique 🙂
  • C’est valorisant. Je considère mes services de rédaction comme de l’aide aux entreprises. En créant le nom d’une nouvelle compagnie, j’aide un entrepreneur à concrétiser un rêve. En rédigeant le site web d’une PME, j’aide le président à dénicher de nouveaux contrats et à créer de l’emploi. Avec une campagne publicitaire de recrutement, j’aide une entreprise à grandir et à faire rouler l’économie d’ici. Je suis toujours heureux de constater que je peux contribuer au succès d’entreprises de chez nous. J’ai vraiment l’impression que mon apport créatif fait une différence.
  • J’apprends chaque jour. Comme je travaille pour des clients différents dans des domaines variés, je suis constamment en apprentissage. Je deviens spécialiste d’un domaine, le temps du mandat. Cela m’oblige à faire des recherches et à poser beaucoup de questions. Un mois, je m’intéresse au domaine de l’optique, le mois suivant c’est l’administration publique, puis la semaine suivante, je dois m’informer sur la création de scies industrielles, les systèmes d’épuration des eaux usées et les énergies renouvelables. En plus de satisfaire ma curiosité, ça me permet de rencontrer des gens inspirants qui partagent leur passion.

Et vous, aimez-vous votre emploi? Qu’est-ce qui rend votre job trippante? Ça m’intéresse. Pour vrai. Parce que je suis curieux. Mais ça, je vous l’ai déjà dit.

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Le moment est venu de prendre du recul sur l’année qui s’achève. J’ai donc décidé d’éplucher les ventes pour savoir sur quoi j’avais travaillé. Voici à quoi ressemblent 365 jours dans la vie d’un concepteur-rédacteur.

 

cartedesfêtes2018

J’envoie une carte papier à chaque client avec                          un mot personnalisé.

Répartition des projets en 2018  

Type de projet Quantité
Infolettre 35
Publicité radio 29
Site web 19
Billet de blogue 16
Contenu pour Facebook 14
Scénarisation de vidéo web 12
Slogan de positionnement 11
Nom d’entreprise 10
Marketing RH 10
Publicité imprimée 8
Dépliant-feuille de vente 7

 

Un accomplissement de marque

J’adore le branding! J’aurais aimé créer des logos et décliner l’image de marque dans tous les outils de communication. Je n’ai pas ce talent. Par contre, au fil des années, j’ai développé un grand intérêt pour la création des noms de marque. J’ai créé un processus, une façon de travailler infaillible. Cette année, j’ai eu la chance de créer 10 marques.  C’est presque une par mois. Un record! J’en suis très fier. Et j’ai bien l’intention de battre cette marque l’an prochain.

Retour en force de l’infolettre

Comme j’aime le répéter aux étudiants du CFP Maurice Barbeau en communication numérique, rien ne vaut plus cher que l’adresse de courriel d’un client. Entrer dans la boite de courriel, c’est la permission ultime. Je pense entre autres à un de mes clients,  l’IAPQ, qui s’est servi de ce canal privilégié pour promouvoir son congrès. Toutes les deux semaines, nous proposions du nouveau contenu pertinent et divertissant. La stratégie d’infolettres consistait à offrir un mélange d’informations touristiques et ludiques sur la ville de Québec et d’informations sur les conférenciers et les événements du congrès.

Marketing RH : une réponse à la pénurie de main-d’œuvre

De plus en plus d’entreprises m’engagent pour optimiser leur offre d’emploi. Quand je parle d’optimisation, ce n’est pas seulement une question de référencement. Il faut rendre l’offre attrayante, dynamique et conceptuelle. Trouver une façon originale de faire ressortir l’emploi parmi la tonne d’emplois disponibles. Ça peut aussi passer par la création d’un microsite web ou d’une capsule vidéo pour promouvoir la marque employeur.

Blogue : le contenu est toujours roi

En 2019, faire une refonte de site web sans y intégrer un blogue est une énorme erreur. À moins de revenir souvent sur votre site pour faire des changements dans vos textes, le blogue est souvent le seul moyen d’avoir du nouveau contenu dynamique. Bien sûr, ça peut vous aider à être mieux référencé. Mais pour moi, il s’agit avant tout d’un outil de branding. Un blogue, c’est un moyen de démontrer votre expertise, votre couleur et vos valeurs.

J’ai eu une très bonne année. Voici d’autres constats en bref. J’aime toujours autant la radio, parce qu’à la radio l’écran est plus large. Ma carte de Noël  papier fait toujours autant d’effet. Scénariser des vidéos web, ça me rapproche de ma grande passion pour le cinéma. Et finalement, je veux continuer de créer des partenariats à long terme avec mes clients. Viens-t’en 2019! Je suis prêt!

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Marie-Josée Lépine est une artiste peintre et auteure de Québec. Mais c’est avant tout une humaine qui s’inspire des autres humains pour les toucher et les faire réfléchir. Rencontre avec une femme qui se lève heureuse chaque matin car elle a choisi cette vie.

Crédit photo: Étienne Dionne

Marie-Josée Lépine artiste peintre et auteure Crédit photo: Étienne Dionne

Marie-Josée, tu te promènes constamment entre deux arts. Dirais-tu que ton écriture influence ta peinture, ou vice-versa?

Il n’y a pas de silo. Lorsqu’un thème m’inspire, il m’inspire dans tout. Si l’écriture n’est pas la meilleure forme pour m’exprimer, je change pour la peinture. Et vice-versa. En écriture, je veux magnifier le monde pour mieux en voir les travers. En peinture, je veux procurer un temps d’arrêt, inspirer, faire réfléchir.  Je m’intéresse à la notion de perfection, de bonheur, de l’accumulation des demandes et des exigences. Dans ma nouvelle collection de peinture, je laisse délibérément du vide. Parce que souvent dans nos vies, lorsqu’il y a du vide, on cherche à le remplir. Alors oui, mes deux arts vivent en même temps, ils se nourrissent mutuellement.

Comment te sens-tu quand tu t’exprimes à travers ton art?

Je me sens vivante. Longtemps j’ai eu l’impression d’être spectatrice, de voir le train passer, mais de ne pas embarquer. Ça fait deux ans que je ne suis plus sur le frein et ça fait du bien. Maintenant, quand je suis en création, j’ai l’impression d’exprimer quelque chose et de participer à la société. Quand je termine un texte dont je suis fière, ça me remplit de façon permanente. Chaque journée me tente parce que j’ai choisi ma vie. Je suis maitre de ce que je fais. Et ça me procure un bonheur en lame de fond. Ça me rend heureuse. Parce que le bonheur est plus grand avec la liberté.

Aimes-tu te mettre en danger, sortir de ta zone de confort?

C’est un acte que je fais au quotidien. Je dis toujours oui et ça me met dans le pétrin. Mais quand je m’engage, je livre. J’accepte tous les projets. J’aime faire les choses pour la première fois.  Je suis toujours en train d’apprendre et de me remettre en question. J’aime les défis, les nouveautés et essayer.

Faire face - Marie-Josée Lépine

Faire face – Marie-Josée Lépine

Autant dans la peinture que dans l’écriture, tes doigts sont sollicités, as-tu une relation particulière avec le sens du toucher?

La peinture, c’est très sensuel. Dans la texture, dans le mouvement, dans l’acte de création, mon corps et ma tête sont en symbiose. Je laisse place au chaos et à l’erreur. C’est très physique, presque comme de la danse. L’écriture est moins liée au sens, c’est plus mécanique et froid. Tout se passe dans ma tête, je peux entendre les répliques des personnages. Je suis vraiment dans mes pensées, pas dans mon corps.

D’où provient ton inspiration?

L’humain en écriture est une source inépuisable d’inspiration. Je l’adore et le déteste. J’aime observer les relations, les faiblesses et les forces des gens. J’aime les humains individuellement, mais collectivement, ils me rendent folle. Ils portent à la fois la beauté et la noirceur, le meilleur et le pire. D’ailleurs, j’adore mettre les paradoxes en lumière. Personne n’est à l’abri de se retrouver dans mes écrits.

Quelle est ta définition de la créativité?

C’est l’idée de mettre en relation des éléments qui existent déjà pour leur donner un sens nouveau. Pour moi, la créativité, c’est tout ce qui est à l’extérieur de ce qu’on doit faire. C’est sortir du convenu, de l’habituel pour générer de l’inédit. L’image qui me vient en tête, c’est une personne qui marche en sens inverse dans une foule. Je crois aussi que la créativité est quelque chose que l’on doit solliciter, il faut y travailler.

 

Plonger - Marie-Josée Lépine

Plonger – Marie-Josée Lépine

Quel rôle joue l’intuition dans ta vie?

C’est au cœur de toutes mes décisions et de toutes mes créations. Je n’analyse pas de façon rationnelle. Si mon intuition ne le sent pas, c’est non. En art, c’est fondamental. Quand je peins, je n’ai pas d’idée fixe, je suis seulement guidée par une émotion, un sentiment.

Quel conseil donnerais-tu à une personne qui réprime son côté artistique par peur du jugement?

On devrait toujours se comparer uniquement avec soi-même. Malheureusement, on se compare à ceux qui nous inspirent le plus. En faisant ça, on est toujours à la remorque. Je crois qu’il n’existe pas un sentier unique. Quand on est trop vieux pour faire quelque chose qu’on aime, c’est qu’on est mort. Il y a juste nous qui nous retenons. Il faut se tasser de notre propre chemin. Et ne pas être la somme des attentes des autres. Il y a toujours d’autres chemins, si tu n’es pas sur le bon, tu vas en trouver un autre. Il faut avoir confiance. Vas-y! Fais-le! Fonce!

Est-ce que l’on peut concilier art et richesse?

Une chose est sûre, je ne crois pas que l’on devient riche avec les biens matériels. Ce qui est difficile, c’est d’être tiraillé entre garder la sécurité et aller chercher quelque chose de nouveau. Comme je n’ai pas besoin de mon art pour vivre, je peux faire des toiles qui ne cherchent pas à séduire tout le monde. Ça me permet de ne pas figer mon art. Quand je fais une exposition, c’est sûr que je veux que ça marche. Mais avant tout, je présente des toiles que j’aime et dont je suis fière. C’est important de rester honnête envers soi-même.

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Ça fait plus de 12 ans que je gagne ma vie avec mes mots et mes idées. À mes débuts, j’acceptais n’importe quoi. Payant ou non. Intéressant ou pas. Bon produit ou cochonnerie, j’acceptais de promouvoir absolument tout. Ça m’a causé plusieurs frustrations. J’ai appris beaucoup : comment négocier, comment me faire payer, comment aimer plus ce que je fais. Et ça, ça passe par avoir de bons clients qui me ressemblent avec qui j’aime travailler.

J'ai un bon sens de l'humour alors je cherche des clients qui aiment rire.

J’ai un bon sens de l’humour alors je cherche des clients qui aiment rire. Photo by Andre Mouton on Unsplash

Voici 5 façons d’avoir des clients en or :

Partager ses valeurs et les respecter. C’est prouvé, à compétence égale, les gens préfèrent travailler avec ceux qui partagent leurs valeurs. Mais encore faut-il les connaitre. N’hésitez pas à les partager. Ça doit transparaitre dans les contenus de votre site, et pas juste dans l’À propos. Mais ça ne doit pas seulement être des mots, ça doit aussi se sentir dans votre approche. Walk the talk comme disent les Américains.

Apprendre à dire non. J’ai refusé 5 mandats la dernière semaine avant mes vacances. Pas qu’ils n’étaient pas intéressants, mais je devais donner priorité aux mandats en cours et les terminer de bonne façon. Commencer ses vacances complètement épuisé, ce n’est pas très intelligent. Been there, done that! En disant non, je respecte mes limites. Mais je respecte aussi mes clients en refusant d’offrir un produit numéro deux. Je sais très bien que ça coûte toujours plus cher de dénicher un nouveau client que de bien servir un client actuel. Et parfois bien le servir signifie lui dire non.

Se fier à son intuition. La petite voix qui vous fait dire que vous (ne) sentez (pas) un projet, c’est votre intuition. C’est le cœur qui parle. Ce n’est pas toujours évident de l’entendre dans le bruit ambiant de notre tête. La pratique quotidienne du yoga et la méditation aident à se rapprocher de son ressenti. Pour moi, ça amène de nouvelles idées. Et ça m’aide à prendre de meilleures décisions. Parfois, une simple marche dans le bois me permet de me connecter à mon intuition. L’écriture automatique le matin, au réveil est très efficace aussi. Souvent, elle me permet de me rappeler de mes rêves. Et dans mes rêves, il y a souvent des synchronicités, des indices qui me guident vers la bonne décision.

Être authentique. Le premier soir de mes vacances, j’ai rencontré au cinéma un nouveau client avec qui je venais de collaborer sur un gros mandat pendant deux semaines. Il n’a pas rencontré un autre Patrick Goulet. J’étais le même. Parce que je n’aime pas la bullshit. Être vrai, c’est aussi ne pas avoir peur de parler de ses passions, de ses passe-temps et de ses goûts avec ses clients. Créer une relation, c’est ça!

Écouter vraiment. Dans son classique Comment se faire des amis et influencer les autres, Dale Carnegie, est assez clair là-dessus. Pour développer de vraies relations, il faut poser des questions, laisser parler son interlocuteur et s’intéresser vraiment à ce qu’il dit. C’est comme ça que l’on découvre des intérêts communs et la personnalité des gens. Une connexion plus profonde au niveau des valeurs est alors possible. Et je vous garantis que ça enrichit la relation dans tous les sens du terme.

Je me suis rendu compte à travers les années que mes meilleurs clients me considèrent comme un partenaire. Nous avons une relation d’affaires, de confiance, mais ça va plus loin que ça car je connais une partie de leur vie et je partage leurs enjeux au quotidien. Ça, c’est précieux. Je me sens privilégié d’avoir plusieurs clients en or. Et vous, quels sont vos trucs pour avoir des clients qui vous ressemblent?

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Comme je suis très curieux, je m’intéresse beaucoup à l’étymologie des mots et des expressions. Je me demande aussi d’où viennent les proverbes. Et mon intérêt pour le marketing m’amène souvent à m’informer sur l’origine d’une marque que j’affectionne. C’est systématique, lorsque que je rencontre un nouveau client, je lui demande de me raconter la petite histoire de l’entreprise et de son nom de marque. C’est toujours très instructif. Alors j’ai décidé de faire l’exercice avec des marques internationales que tout le monde connait. Voici donc l’origine du nom des marques ADIDAS, IKEA, NIKE, LEGO et AMAZON.

D’où viennent ces noms de marques?

logoadidas

  1. ADIDAS. Tout le monde connait cette marque de chaussures. D’ailleurs, qui n’a pas déjà porté une paire d’Adidas Gazelle? En 1924, les frères Rodolph et Adolf Dassler créent La fabrique de chaussures des Frères Dassler. Leurs deux premiers brevets concernent des chaussures de course ainsi que des chaussures de football à crampons. Après la guerre 1939-45, les frères se séparent. Rudolph crée sa propre marque d’articles de sport, la célèbre marque PUMA. Adolph change le nom de sa compagnie. Pour trouver un nom original, il combine son surnom ADI et les premières lettres de son nom de famille DAS. La marque ADIDAS était née. Il faudra attendre en 1948 pour voir apparaitre les 3 bandes distinctives sur les espadrilles. Une idée qu’Adolph Dassler a eu pour rendre ses chaussures identifiables  de loin.

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  1. IKEA. Le magasin préféré de ceux qui veulent changer de décor tout en décodant un plan a été créé en 1943 par le suédois Ingvar Kamprad. L’homme d’affaires a commencé sa carrière en vendant des objets d’utilité quotidienne à ses voisins. À l’époque, il livrait à vélo. Les premiers meubles, fabriqués par des artisans locaux, sont proposés dans une brochure de vente par correspondance. C’était les balbutiements du fameux catalogue IKEA. Pour trouver le nom de son entreprise, M Kamprad a réalisé un acronyme. Il a d’abord pris les initiales de son nom IK, il a ajouté la première lettre du nom de la ferme de ses parents Elmtaryd, d’où le E, puis le A qui est la première lettre du nom de son village Agunnaryd. Quant aux couleurs du logo d’IKEA, elles sont les mêmes que celles du drapeau suédois.

logolego

  1. LEGO. La compagnie LEGO a été fondée en 1932 par le menuisier danois Ole Kirk Christiansen. C’est l’incendie de son usine, la Deuxième Guerre mondiale et la mauvaise qualité du bois qui poussent l’inventeur vers le plastique. Les premières briques en plastique qui s’emboitent sont commercialisées en 1952. La version que l’on connait aujourd’hui existe depuis 1958.  Saviez-vous que le fondateur a nommé son entreprise LEGO à partir des mots danois LEG GODT  qui signifient « joue bien »? Et en latin LEGO signifie « j’assemble ». Difficile de trouver meilleur nom pour ce jeu qui fait le bonheur des enfants et des adultes à travers le monde.

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  1. AMAZON. En 1994, lorsque Jeff Bezos cherche un nom pour son site web, il veut que ça commence par un A pour apparaitre en premier dans l’ordre alphabétique. En parcourant le dictionnaire, il tombe sur amazon qui est le nom du plus long fleuve du monde. L’Amazonie, c’est aussi une région du globe avec une très grande diversité de faune et de flore. Mais c’est probablement son logo qui retient le plus l’attention car il a une double signification. La flèche en sourire symbolise l’importance qu’il accorde à la satisfaction du client. Ça rend le logo sympathique. Et la flèche part du A pour aller jusqu’au Z. Un beau clin d’œil à l’étendue des produits que l’on retrouve sur Amazon.

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  1. NIKE. La compagnie a été créée au début des années 60 alors que l’entraineur Bill Bowerman et l’étudiant en comptabilité et coureur Philip Knight ont l’idée d’importer des chaussures d’athlétisme du Japon. En 1965, l’arrivée du vendeur Jeff Johnson et la volonté de vendre leurs propres chaussures les poussent à créer des chaussures de sport américaines. Ils baptisent la marque NIKE, une inspiration de la déésse grecque de la victoire, Niké. Cette déesse ailée était capable de se déplacer très rapidement. D’ailleurs, le célèbre swoosh, en forme de virgule inversée à l’horizontale, est une représentation stylisée de l’aile de la déesse. La création du logo a fait couler beaucoup d’encre.  La graphiste Carolyn Davidson était étudiante à l’époque où elle a réalisé le swoosh. Elle a été payée 35 $ en 1971. Puis en 1983, les dirigeants de Nike ont voulu reconnaitre son travail à sa juste valeur. Ils lui ont offert 500 actions de la compagnie. Une valeur de plus de 36 000 $ aujourd’hui!

 

Gageons que la prochaine fois que vous achèterez un produit de votre marque favorite, vous vous demanderez d’où vient son nom. Si vous êtes curieux et que vous désirez en connaitre plus sur la création d’un nom de marque, je vous invite à découvrir ma recette pour créer une marque. Vous comprendrez que parfois, au-delà de l’intuition, il faut faire appel à un processus éprouvé pour faire surgir toutes les possibilités.

 

Sources :

http://www.fashions-addict.com/L-histoire-des-marques-Adidas_368___52.html

https://www.ikeafoundation.org/fr/qui-sommes-nous/histoire/

http://www.dailymail.co.uk/news/article-2004273/Woman-designed-Nike-swoosh-explains-story-inception-40-years-ago.html

https://www.lego.com/fr-fr/aboutus/lego-group/the_lego_history

https://signification-marques.blog-machine.info/59-signification-et-origine-de-la-marque-amazon-et-de-son-logo/

 

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Les Soirées PechaKucha Québec sont de retour

J’adore la créativité sous toutes ses formes. J’aime les événements qui la soulignent comme les Creative Mornings. Et il y a maintenant une nouvelle façon de partager des idées en buvant un verre à Québec. C’est le retour des Soirées PechaKucha le 3 mai chez Noctem Artisans Brasseurs. Je précise le retour, car elles ont été organisées par l’équipe du Cercle Lab Vivant pendant quelques années.

Les Soirées PechaKucha sont de retour le 3 mai 19 h 30 chez Noctem Artisans Brasseurs

Les Soirées PechaKucha sont de retour le 3 mai 19 h 30 chez Noctem Artisans Brasseurs

Qu’est-ce qu’une soirée PechaKucha?

Avez-vous déjà assisté à une présentation PowerPoint tellement plate et interminable que vous auriez aimé être ailleurs? Les américains appellent ça Death by PowerPoint. Une soirée PechaKucha, c’est tout sauf ça. Impossible de s’endormir pendant la présentation, car elle ne dure que 6 minutes 40. Pas une seconde de plus. Les conférenciers de différents horizons viennent présenter un projet créatif avec comme seul support visuel, 20 images qui changent automatiquement toutes les 20 secondes. La formule est simple et dynamique. Il faut être concis et original. Pendant la soirée, une dizaine de conférenciers se succèdent. Ça donne un rythme entrainant où l’on n’a pas le temps de s’ennuyer.

D’où vient cette idée de fou?

Les architectes Astrid Klein and Mark Dytham de Klein Dytham architecture ont inventé ce concept parce que selon eux les architectes parlent trop. Il fallait trouver un moyen de raccourcir leurs présentations. D’où la contrainte de présenter avec 20 images qui changent automatiquement toutes les 20 secondes. Ils ont organisé la première soirée en 2003 à Tokyo et  il y a maintenant des événements dans plus de 1000 villes à travers le monde. Pour votre gouverne, le terme PechaKucha signifie l’art de la conversation en japonais. D’ailleurs, le dialogue est le thème de la soirée du 3 mai. Fait amusant, les événements doivent absolument avoir lieu dans un endroit avec un permis d’alcool. Comme quoi on ne se prend pas au sérieux et que le but est d’avoir du fun tout en partageant des idées.

Qui sont les conférenciers pour la Soirée Dialogue du 3 mai?

1. Pierre Côté, professeur titulaire à l’École d’architecture de l’Université Laval

2. Paul Bordeleau, illustrateur et auteur de bandes dessinées

3. Marie-Josée Lépine, artiste peintre, auteure de la relève et chargée de projets en art et en culture

4. Jean-Pierre Bédard, directeur général de la Société de développement commercial (SDC) Montcalm

5. Geneviève Guimont, architecte cofondatrice de la firme Parka – Architecture & Design

6. Émilie Turmel, poète et auteure

7. Alain A. Viau, professeur titulaire au Département des sciences géomatiques de l’Université Laval et artiste-peintre

8. Jean-Philippe Simard, urbaniste et designer urbain, chargé de projets à La Pépinière Espaces collectifs

9. Catherine Dorion, chroniques, politique active, poésie, réalisation, théâtre

10. Anne-Josée Lacombe, responsable de la médiation numérique au Musée national des beaux-arts du Québec

11. Christina Moscini, directrice, conceptrice, productrice de la troupe Burlestacular

Avec 11 conférenciers, plus une performance de danse contemporaine, ça promet! Et seulement 5,20 $ pour une soirée d’inspiration, c’est tout un deal! Que vous soyez artiste, designer, publicitaire, architecte, communicateur ou simplement curieux, j’espère vous croiser. Question d’échanger sur la créativité, une pinte d’IPA à la main.

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La créativité est dans la nature

Stéphane Boucher a toujours aimé les systèmes. En tant qu’ingénieur en physique, il en a construit pendant plus de 25 ans pour de grandes entreprises. Aujourd’hui, fort d’une maitrise en biomimétisme, il s’inspire des  systèmes que l’on retrouve dans la nature. Son entreprise Biomimetech offre des services de consultation en innovation technologique via une approche biomimétique et de la consultation en créativité appliquée aux équipes de travail en entreprise. Rencontre avec un homme qui croit profondément que la créativité de la nature peut aider les humains.

PhotoStéphaneBoucher

Stéphane Boucher, biophysicien et communicateur scientifique

1. Les organismes vivants s’adaptent à leur environnement pour survivre, peut-on dire que la nature est créative?

Oui, elle est très créative et elle innove constamment. On a juste à regarder le nombre d’espèces de plantes, d’oiseaux, d’arbres, d’animaux pour s’en convaincre. Tout ça est parti d’une bactérie à une seule cellule pour évoluer vers des organes et un système nerveux. D’ailleurs, on commence à peine à comprendre le fonctionnement du cerveau.

2. Comment fonctionne le biomimétisme et quelles sont ses applications?

La nature est un modèle qui fonctionne très bien depuis des milliards d’années. C’est autogéré et équilibré. On peut se servir de cette intelligence naturelle pour nous aider à trouver des solutions à différents problèmes. Il y a trois sortes de biomimétisme. Le biomimétisme de forme. C’est lorsque l’on s’inspire de la forme des chardons (tocs) pour créer le velcro ou des ailes des oiseaux de proie pour réduire la trainée sur les ailes des avions. Il y a aussi le biomimétisme de processus comme lorsque l’on étudie la photosynthèse pour essayer de recréer un principe similaire. Puis il y a le biomimétisme de système qui consiste à étudier en profondeur comment fonctionne un système complexe comme une ruche.

3. Quelle est la découverte la plus surprenante que tu as faite en observant la nature?

La nature communique de mille et une façons. Il y a des liens, des connexions et des échanges partout. Il y a beaucoup d’intelligence que l’on n’a pas encore comprise. Le réseau racinaire des arbres par exemple est très impressionnant. Les arbres communiquent par leurs racines, c’est un véritable internet biologique. Dans la forêt, les champignons aussi transportent de l’information. Scientifiquement., il y a de plus en plus d’évidences qu’il y a des échanges dans la nature. Et c’est normal car la nature est un tout.

4. Est-ce que le biomimétisme peut également aider à améliorer les relations humaines?

Oui, en observant les abeilles, on s’est rendu compte qu’elles vivaient en démocratie. Lorsqu’elles atteignent un certain nombre, des abeilles choisies par le groupe partent à la recherche d’un endroit pour fonder une nouvelle colonie. Lorsqu’elles reviennent, elles expliquent ce qu’elles ont vu et partagent l’information. Les abeilles débattent et elles passent au vote. Ce principe de fonctionnement en petites équipes de travail, qui testent des idées en parallèle, on voit ça beaucoup dans la gestion organique des startups. Les meilleures idées gagnent par démocratie. Par exemple, chez Facebook, on travaille sur des milliers de versions en même temps et la meilleure version est appliquée au plus grand nombre.

L’intelligence collective est aussi à l’œuvre dans une fourmilière. C’est très ordonné et ça inspire de l’innovation sociale. Les modèles de fonctionnement de la nature peuvent très bien s’appliquer aux organisations sociales.

5. Tu as travaillé comme ingénieur de systèmes pendant 25 ans, quel lien vois-tu avec ce que tu fais aujourd’hui?

La physique, c’est les systèmes, le fonctionnement des choses, c’est la même chose dans la nature. Pendant 25 ans, j’ai observé le non-vivant, maintenant j’étudie le vivant.  La nature fait des réseaux comme en physique. Maintenant, je sensibilise les gens au fait que la terre est un écosystème. Si on nuit à la nature, on se nuit soi-même. Avant de vivre dans des villes, nous étions en harmonie avec la nature. Maintenant, on la domine, la contrôle et l’exploite. Mais il ne faut pas oublier que nous en sommes toujours dépendants.

6. Quelle est la part d’intuition dans ton travail?

Lorsque je donne des formations et des cours, je peux inspirer les gens  à considérer les choses différemment, à penser à des solutions qui sont en harmonie avec la nature. Je me sers aussi de mon intuition pour écrire un livre sur la résilience. Je crois que l’on peut s’inspirer de la résilience de la nature pour faire émerger nos forces. La nature a une grande force d’adaptation et je veux faire le lien avec notre capacité de rebondir en tant qu’humain.

  7. De quelle façon la nature innove-t-elle?         

La nature est comme nous, lorsqu’elle fait face à des problèmes, elle devient créative. C’est en affrontant l’adversité  que la nature est devenue aussi abondante.  Les défis ont forcé la vie à devenir ingénieuse, à contrer  l’obstacle, à innover et à penser autrement. Parmi les innovations marquantes, on peut penser à la création des sexes mâle et femelle. Il y a aussi la photosynthèse qui a permis la vie terrestre. Et bien sûr la création  de la cellule nerveuse et du cerveau. Toutes ces innovations n’ont qu’un seul but, la reproduction des espèces et la transmission des gènes. En fait, c’est le minuscule gène qui est le grand boss de la vie. L’intelligence humaine est dans l’ADN.

Stéphane nous incite à repenser notre relation avec la nature. À s’en rapprocher pour retrouver la connexion que l’on a perdue. Il nous invite aussi à faire des choix énergétiques et alimentaires plus harmonieux. Et bien sûr à observer les petits miracles qui se déroulent sous nos yeux chaque jour dans la nature. D’ailleurs, à quand remonte votre dernière marche en forêt?

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