Marie-Josée Lépine est une artiste peintre et auteure de Québec. Mais c’est avant tout une humaine qui s’inspire des autres humains pour les toucher et les faire réfléchir. Rencontre avec une femme qui se lève heureuse chaque matin car elle a choisi cette vie.

Crédit photo: Étienne Dionne

Marie-Josée Lépine artiste peintre et auteure Crédit photo: Étienne Dionne

Marie-Josée, tu te promènes constamment entre deux arts. Dirais-tu que ton écriture influence ta peinture, ou vice-versa?

Il n’y a pas de silo. Lorsqu’un thème m’inspire, il m’inspire dans tout. Si l’écriture n’est pas la meilleure forme pour m’exprimer, je change pour la peinture. Et vice-versa. En écriture, je veux magnifier le monde pour mieux en voir les travers. En peinture, je veux procurer un temps d’arrêt, inspirer, faire réfléchir.  Je m’intéresse à la notion de perfection, de bonheur, de l’accumulation des demandes et des exigences. Dans ma nouvelle collection de peinture, je laisse délibérément du vide. Parce que souvent dans nos vies, lorsqu’il y a du vide, on cherche à le remplir. Alors oui, mes deux arts vivent en même temps, ils se nourrissent mutuellement.

Comment te sens-tu quand tu t’exprimes à travers ton art?

Je me sens vivante. Longtemps j’ai eu l’impression d’être spectatrice, de voir le train passer, mais de ne pas embarquer. Ça fait deux ans que je ne suis plus sur le frein et ça fait du bien. Maintenant, quand je suis en création, j’ai l’impression d’exprimer quelque chose et de participer à la société. Quand je termine un texte dont je suis fière, ça me remplit de façon permanente. Chaque journée me tente parce que j’ai choisi ma vie. Je suis maitre de ce que je fais. Et ça me procure un bonheur en lame de fond. Ça me rend heureuse. Parce que le bonheur est plus grand avec la liberté.

Aimes-tu te mettre en danger, sortir de ta zone de confort?

C’est un acte que je fais au quotidien. Je dis toujours oui et ça me met dans le pétrin. Mais quand je m’engage, je livre. J’accepte tous les projets. J’aime faire les choses pour la première fois.  Je suis toujours en train d’apprendre et de me remettre en question. J’aime les défis, les nouveautés et essayer.

Faire face - Marie-Josée Lépine

Faire face – Marie-Josée Lépine

Autant dans la peinture que dans l’écriture, tes doigts sont sollicités, as-tu une relation particulière avec le sens du toucher?

La peinture, c’est très sensuel. Dans la texture, dans le mouvement, dans l’acte de création, mon corps et ma tête sont en symbiose. Je laisse place au chaos et à l’erreur. C’est très physique, presque comme de la danse. L’écriture est moins liée au sens, c’est plus mécanique et froid. Tout se passe dans ma tête, je peux entendre les répliques des personnages. Je suis vraiment dans mes pensées, pas dans mon corps.

D’où provient ton inspiration?

L’humain en écriture est une source inépuisable d’inspiration. Je l’adore et le déteste. J’aime observer les relations, les faiblesses et les forces des gens. J’aime les humains individuellement, mais collectivement, ils me rendent folle. Ils portent à la fois la beauté et la noirceur, le meilleur et le pire. D’ailleurs, j’adore mettre les paradoxes en lumière. Personne n’est à l’abri de se retrouver dans mes écrits.

Quelle est ta définition de la créativité?

C’est l’idée de mettre en relation des éléments qui existent déjà pour leur donner un sens nouveau. Pour moi, la créativité, c’est tout ce qui est à l’extérieur de ce qu’on doit faire. C’est sortir du convenu, de l’habituel pour générer de l’inédit. L’image qui me vient en tête, c’est une personne qui marche en sens inverse dans une foule. Je crois aussi que la créativité est quelque chose que l’on doit solliciter, il faut y travailler.

 

Plonger - Marie-Josée Lépine

Plonger – Marie-Josée Lépine

Quel rôle joue l’intuition dans ta vie?

C’est au cœur de toutes mes décisions et de toutes mes créations. Je n’analyse pas de façon rationnelle. Si mon intuition ne le sent pas, c’est non. En art, c’est fondamental. Quand je peins, je n’ai pas d’idée fixe, je suis seulement guidée par une émotion, un sentiment.

Quel conseil donnerais-tu à une personne qui réprime son côté artistique par peur du jugement?

On devrait toujours se comparer uniquement avec soi-même. Malheureusement, on se compare à ceux qui nous inspirent le plus. En faisant ça, on est toujours à la remorque. Je crois qu’il n’existe pas un sentier unique. Quand on est trop vieux pour faire quelque chose qu’on aime, c’est qu’on est mort. Il y a juste nous qui nous retenons. Il faut se tasser de notre propre chemin. Et ne pas être la somme des attentes des autres. Il y a toujours d’autres chemins, si tu n’es pas sur le bon, tu vas en trouver un autre. Il faut avoir confiance. Vas-y! Fais-le! Fonce!

Est-ce que l’on peut concilier art et richesse?

Une chose est sûre, je ne crois pas que l’on devient riche avec les biens matériels. Ce qui est difficile, c’est d’être tiraillé entre garder la sécurité et aller chercher quelque chose de nouveau. Comme je n’ai pas besoin de mon art pour vivre, je peux faire des toiles qui ne cherchent pas à séduire tout le monde. Ça me permet de ne pas figer mon art. Quand je fais une exposition, c’est sûr que je veux que ça marche. Mais avant tout, je présente des toiles que j’aime et dont je suis fière. C’est important de rester honnête envers soi-même.

Comme je suis très curieux, je m’intéresse beaucoup à l’étymologie des mots et des expressions. Je me demande aussi d’où viennent les proverbes. Et mon intérêt pour le marketing m’amène souvent à m’informer sur l’origine d’une marque que j’affectionne. C’est systématique, lorsque que je rencontre un nouveau client, je lui demande de me raconter la petite histoire de l’entreprise et de son nom de marque. C’est toujours très instructif. Alors j’ai décidé de faire l’exercice avec des marques internationales que tout le monde connait. Voici donc l’origine du nom des marques ADIDAS, IKEA, NIKE, LEGO et AMAZON.

D’où viennent ces noms de marques?

logoadidas

  1. ADIDAS. Tout le monde connait cette marque de chaussures. D’ailleurs, qui n’a pas déjà porté une paire d’Adidas Gazelle? En 1924, les frères Rodolph et Adolf Dassler créent La fabrique de chaussures des Frères Dassler. Leurs deux premiers brevets concernent des chaussures de course ainsi que des chaussures de football à crampons. Après la guerre 1939-45, les frères se séparent. Rudolph crée sa propre marque d’articles de sport, la célèbre marque PUMA. Adolph change le nom de sa compagnie. Pour trouver un nom original, il combine son surnom ADI et les premières lettres de son nom de famille DAS. La marque ADIDAS était née. Il faudra attendre en 1948 pour voir apparaitre les 3 bandes distinctives sur les espadrilles. Une idée qu’Adolph Dassler a eu pour rendre ses chaussures identifiables  de loin.

logoikea

  1. IKEA. Le magasin préféré de ceux qui veulent changer de décor tout en décodant un plan a été créé en 1943 par le suédois Ingvar Kamprad. L’homme d’affaires a commencé sa carrière en vendant des objets d’utilité quotidienne à ses voisins. À l’époque, il livrait à vélo. Les premiers meubles, fabriqués par des artisans locaux, sont proposés dans une brochure de vente par correspondance. C’était les balbutiements du fameux catalogue IKEA. Pour trouver le nom de son entreprise, M Kamprad a réalisé un acronyme. Il a d’abord pris les initiales de son nom IK, il a ajouté la première lettre du nom de la ferme de ses parents Elmtaryd, d’où le E, puis le A qui est la première lettre du nom de son village Agunnaryd. Quant aux couleurs du logo d’IKEA, elles sont les mêmes que celles du drapeau suédois.

logolego

  1. LEGO. La compagnie LEGO a été fondée en 1932 par le menuisier danois Ole Kirk Christiansen. C’est l’incendie de son usine, la Deuxième Guerre mondiale et la mauvaise qualité du bois qui poussent l’inventeur vers le plastique. Les premières briques en plastique qui s’emboitent sont commercialisées en 1952. La version que l’on connait aujourd’hui existe depuis 1958.  Saviez-vous que le fondateur a nommé son entreprise LEGO à partir des mots danois LEG GODT  qui signifient « joue bien »? Et en latin LEGO signifie « j’assemble ». Difficile de trouver meilleur nom pour ce jeu qui fait le bonheur des enfants et des adultes à travers le monde.

 logoamazon

  1. AMAZON. En 1994, lorsque Jeff Bezos cherche un nom pour son site web, il veut que ça commence par un A pour apparaitre en premier dans l’ordre alphabétique. En parcourant le dictionnaire, il tombe sur amazon qui est le nom du plus long fleuve du monde. L’Amazonie, c’est aussi une région du globe avec une très grande diversité de faune et de flore. Mais c’est probablement son logo qui retient le plus l’attention car il a une double signification. La flèche en sourire symbolise l’importance qu’il accorde à la satisfaction du client. Ça rend le logo sympathique. Et la flèche part du A pour aller jusqu’au Z. Un beau clin d’œil à l’étendue des produits que l’on retrouve sur Amazon.

 logonike

  1. NIKE. La compagnie a été créée au début des années 60 alors que l’entraineur Bill Bowerman et l’étudiant en comptabilité et coureur Philip Knight ont l’idée d’importer des chaussures d’athlétisme du Japon. En 1965, l’arrivée du vendeur Jeff Johnson et la volonté de vendre leurs propres chaussures les poussent à créer des chaussures de sport américaines. Ils baptisent la marque NIKE, une inspiration de la déésse grecque de la victoire, Niké. Cette déesse ailée était capable de se déplacer très rapidement. D’ailleurs, le célèbre swoosh, en forme de virgule inversée à l’horizontale, est une représentation stylisée de l’aile de la déesse. La création du logo a fait couler beaucoup d’encre.  La graphiste Carolyn Davidson était étudiante à l’époque où elle a réalisé le swoosh. Elle a été payée 35 $ en 1971. Puis en 1983, les dirigeants de Nike ont voulu reconnaitre son travail à sa juste valeur. Ils lui ont offert 500 actions de la compagnie. Une valeur de plus de 36 000 $ aujourd’hui!

 

Gageons que la prochaine fois que vous achèterez un produit de votre marque favorite, vous vous demanderez d’où vient son nom. Si vous êtes curieux et que vous désirez en connaitre plus sur la création d’un nom de marque, je vous invite à découvrir ma recette pour créer une marque. Vous comprendrez que parfois, au-delà de l’intuition, il faut faire appel à un processus éprouvé pour faire surgir toutes les possibilités.

 

Sources :

http://www.fashions-addict.com/L-histoire-des-marques-Adidas_368___52.html

https://www.ikeafoundation.org/fr/qui-sommes-nous/histoire/

http://www.dailymail.co.uk/news/article-2004273/Woman-designed-Nike-swoosh-explains-story-inception-40-years-ago.html

https://www.lego.com/fr-fr/aboutus/lego-group/the_lego_history

https://signification-marques.blog-machine.info/59-signification-et-origine-de-la-marque-amazon-et-de-son-logo/

 

Les Soirées PechaKucha Québec sont de retour

J’adore la créativité sous toutes ses formes. J’aime les événements qui la soulignent comme les Creative Mornings. Et il y a maintenant une nouvelle façon de partager des idées en buvant un verre à Québec. C’est le retour des Soirées PechaKucha le 3 mai chez Noctem Artisans Brasseurs. Je précise le retour, car elles ont été organisées par l’équipe du Cercle Lab Vivant pendant quelques années.

Les Soirées PechaKucha sont de retour le 3 mai 19 h 30 chez Noctem Artisans Brasseurs

Les Soirées PechaKucha sont de retour le 3 mai 19 h 30 chez Noctem Artisans Brasseurs

Qu’est-ce qu’une soirée PechaKucha?

Avez-vous déjà assisté à une présentation PowerPoint tellement plate et interminable que vous auriez aimé être ailleurs? Les américains appellent ça Death by PowerPoint. Une soirée PechaKucha, c’est tout sauf ça. Impossible de s’endormir pendant la présentation, car elle ne dure que 6 minutes 40. Pas une seconde de plus. Les conférenciers de différents horizons viennent présenter un projet créatif avec comme seul support visuel, 20 images qui changent automatiquement toutes les 20 secondes. La formule est simple et dynamique. Il faut être concis et original. Pendant la soirée, une dizaine de conférenciers se succèdent. Ça donne un rythme entrainant où l’on n’a pas le temps de s’ennuyer.

D’où vient cette idée de fou?

Les architectes Astrid Klein and Mark Dytham de Klein Dytham architecture ont inventé ce concept parce que selon eux les architectes parlent trop. Il fallait trouver un moyen de raccourcir leurs présentations. D’où la contrainte de présenter avec 20 images qui changent automatiquement toutes les 20 secondes. Ils ont organisé la première soirée en 2003 à Tokyo et  il y a maintenant des événements dans plus de 1000 villes à travers le monde. Pour votre gouverne, le terme PechaKucha signifie l’art de la conversation en japonais. D’ailleurs, le dialogue est le thème de la soirée du 3 mai. Fait amusant, les événements doivent absolument avoir lieu dans un endroit avec un permis d’alcool. Comme quoi on ne se prend pas au sérieux et que le but est d’avoir du fun tout en partageant des idées.

Qui sont les conférenciers pour la Soirée Dialogue du 3 mai?

1. Pierre Côté, professeur titulaire à l’École d’architecture de l’Université Laval

2. Paul Bordeleau, illustrateur et auteur de bandes dessinées

3. Marie-Josée Lépine, artiste peintre, auteure de la relève et chargée de projets en art et en culture

4. Jean-Pierre Bédard, directeur général de la Société de développement commercial (SDC) Montcalm

5. Geneviève Guimont, architecte cofondatrice de la firme Parka – Architecture & Design

6. Émilie Turmel, poète et auteure

7. Alain A. Viau, professeur titulaire au Département des sciences géomatiques de l’Université Laval et artiste-peintre

8. Jean-Philippe Simard, urbaniste et designer urbain, chargé de projets à La Pépinière Espaces collectifs

9. Catherine Dorion, chroniques, politique active, poésie, réalisation, théâtre

10. Anne-Josée Lacombe, responsable de la médiation numérique au Musée national des beaux-arts du Québec

11. Christina Moscini, directrice, conceptrice, productrice de la troupe Burlestacular

Avec 11 conférenciers, plus une performance de danse contemporaine, ça promet! Et seulement 5,20 $ pour une soirée d’inspiration, c’est tout un deal! Que vous soyez artiste, designer, publicitaire, architecte, communicateur ou simplement curieux, j’espère vous croiser. Question d’échanger sur la créativité, une pinte d’IPA à la main.

La créativité est dans la nature

Stéphane Boucher a toujours aimé les systèmes. En tant qu’ingénieur en physique, il en a construit pendant plus de 25 ans pour de grandes entreprises. Aujourd’hui, fort d’une maitrise en biomimétisme, il s’inspire des  systèmes que l’on retrouve dans la nature. Son entreprise Biomimetech offre des services de consultation en innovation technologique via une approche biomimétique et de la consultation en créativité appliquée aux équipes de travail en entreprise. Rencontre avec un homme qui croit profondément que la créativité de la nature peut aider les humains.

PhotoStéphaneBoucher

Stéphane Boucher, biophysicien et communicateur scientifique

1. Les organismes vivants s’adaptent à leur environnement pour survivre, peut-on dire que la nature est créative?

Oui, elle est très créative et elle innove constamment. On a juste à regarder le nombre d’espèces de plantes, d’oiseaux, d’arbres, d’animaux pour s’en convaincre. Tout ça est parti d’une bactérie à une seule cellule pour évoluer vers des organes et un système nerveux. D’ailleurs, on commence à peine à comprendre le fonctionnement du cerveau.

2. Comment fonctionne le biomimétisme et quelles sont ses applications?

La nature est un modèle qui fonctionne très bien depuis des milliards d’années. C’est autogéré et équilibré. On peut se servir de cette intelligence naturelle pour nous aider à trouver des solutions à différents problèmes. Il y a trois sortes de biomimétisme. Le biomimétisme de forme. C’est lorsque l’on s’inspire de la forme des chardons (tocs) pour créer le velcro ou des ailes des oiseaux de proie pour réduire la trainée sur les ailes des avions. Il y a aussi le biomimétisme de processus comme lorsque l’on étudie la photosynthèse pour essayer de recréer un principe similaire. Puis il y a le biomimétisme de système qui consiste à étudier en profondeur comment fonctionne un système complexe comme une ruche.

3. Quelle est la découverte la plus surprenante que tu as faite en observant la nature?

La nature communique de mille et une façons. Il y a des liens, des connexions et des échanges partout. Il y a beaucoup d’intelligence que l’on n’a pas encore comprise. Le réseau racinaire des arbres par exemple est très impressionnant. Les arbres communiquent par leurs racines, c’est un véritable internet biologique. Dans la forêt, les champignons aussi transportent de l’information. Scientifiquement., il y a de plus en plus d’évidences qu’il y a des échanges dans la nature. Et c’est normal car la nature est un tout.

4. Est-ce que le biomimétisme peut également aider à améliorer les relations humaines?

Oui, en observant les abeilles, on s’est rendu compte qu’elles vivaient en démocratie. Lorsqu’elles atteignent un certain nombre, des abeilles choisies par le groupe partent à la recherche d’un endroit pour fonder une nouvelle colonie. Lorsqu’elles reviennent, elles expliquent ce qu’elles ont vu et partagent l’information. Les abeilles débattent et elles passent au vote. Ce principe de fonctionnement en petites équipes de travail, qui testent des idées en parallèle, on voit ça beaucoup dans la gestion organique des startups. Les meilleures idées gagnent par démocratie. Par exemple, chez Facebook, on travaille sur des milliers de versions en même temps et la meilleure version est appliquée au plus grand nombre.

L’intelligence collective est aussi à l’œuvre dans une fourmilière. C’est très ordonné et ça inspire de l’innovation sociale. Les modèles de fonctionnement de la nature peuvent très bien s’appliquer aux organisations sociales.

5. Tu as travaillé comme ingénieur de systèmes pendant 25 ans, quel lien vois-tu avec ce que tu fais aujourd’hui?

La physique, c’est les systèmes, le fonctionnement des choses, c’est la même chose dans la nature. Pendant 25 ans, j’ai observé le non-vivant, maintenant j’étudie le vivant.  La nature fait des réseaux comme en physique. Maintenant, je sensibilise les gens au fait que la terre est un écosystème. Si on nuit à la nature, on se nuit soi-même. Avant de vivre dans des villes, nous étions en harmonie avec la nature. Maintenant, on la domine, la contrôle et l’exploite. Mais il ne faut pas oublier que nous en sommes toujours dépendants.

6. Quelle est la part d’intuition dans ton travail?

Lorsque je donne des formations et des cours, je peux inspirer les gens  à considérer les choses différemment, à penser à des solutions qui sont en harmonie avec la nature. Je me sers aussi de mon intuition pour écrire un livre sur la résilience. Je crois que l’on peut s’inspirer de la résilience de la nature pour faire émerger nos forces. La nature a une grande force d’adaptation et je veux faire le lien avec notre capacité de rebondir en tant qu’humain.

  7. De quelle façon la nature innove-t-elle?         

La nature est comme nous, lorsqu’elle fait face à des problèmes, elle devient créative. C’est en affrontant l’adversité  que la nature est devenue aussi abondante.  Les défis ont forcé la vie à devenir ingénieuse, à contrer  l’obstacle, à innover et à penser autrement. Parmi les innovations marquantes, on peut penser à la création des sexes mâle et femelle. Il y a aussi la photosynthèse qui a permis la vie terrestre. Et bien sûr la création  de la cellule nerveuse et du cerveau. Toutes ces innovations n’ont qu’un seul but, la reproduction des espèces et la transmission des gènes. En fait, c’est le minuscule gène qui est le grand boss de la vie. L’intelligence humaine est dans l’ADN.

Stéphane nous incite à repenser notre relation avec la nature. À s’en rapprocher pour retrouver la connexion que l’on a perdue. Il nous invite aussi à faire des choix énergétiques et alimentaires plus harmonieux. Et bien sûr à observer les petits miracles qui se déroulent sous nos yeux chaque jour dans la nature. D’ailleurs, à quand remonte votre dernière marche en forêt?

Pour assouvir ma curiosité, je fais constamment des lectures sur les sujets de la créativité, de l’intuition, de la psychologie et de l’innovation. Dernièrement, j’ai lu l’ouvrage scientifique La créativité – psychologie de la découverte et de l’invention de Mihaly Csikszentmihalyi. C’est à lui que l’on doit, entre autres,  le concept du flow. Ce psychologue hongrois a réalisé une recherche pendant 5 ans auprès de 92 personnes reconnues  créatives dans leur domaine : artistes, auteurs, scientifiques, politiciens et entrepreneurs. À travers ses entretiens et observations, il a recensé 10 contradictions dans la personnalité des personnes créatives. Les voici.

Image : Dmitry Ratushny @ratushny

Image : Dmitry Ratushny
@ratushny

Les 10 contradictions de la personnalité créative selon le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi :

  1. Les individus créatifs ont énormément d’énergie physique, mais restent souvent tranquilles, au repos.
  2. Les personnes créatives sont souvent intelligentes et complètement naïves.
  3. La troisième tendance paradoxale concerne un mélange de fantaisie et de discipline ou de responsabilité et d’irresponsabilité.
  4. Les individus créatifs passent alternativement de l’imagination et du fantasme à un sens pratique de la réalité dans le but de se détacher du présent sans se couper du passé.
  5. Les personnes créatives semblent capables de passer de l’introversion à son opposé, l’extraversion.
  6. Les individus créatifs sont aussi remarquablement humbles et fiers en même temps.
  7. Dans toutes les cultures, on demande aux hommes d’être masculins et de réprimer tous les aspects de leur tempérament qui pourraient passer pour féminins. Aux femmes, on demande le contraire.  Les individus créatifs échappent, jusqu’à un certain point, à ces stéréotypes.
  8. Les personnes créatives sont souvent considérées comme rebelles et indépendantes. Pourtant, elles doivent auparavant avoir assimilé les règles propres à un domaine culturel.
  9. Les individus créatifs sont, pour la plupart, passionnés par leur travail, ce qui ne les empêche pas de se montrer  extrêmement objectifs.
  10. Enfin, l’ouverture et la sensibilité des individus créatifs les exposent souvent à la souffrance, mais aussi à de grandes joies.

Je ne sais pas pour vous, mais plusieurs de ces contradictions me rejoignent. Et je suis assez d’accord avec l’auteur lorsqu’il parle des personnes créatives comme des gens avec une personnalité riche et complexe. Maintenant, il ne reste plus qu’à embrasser cette complexité.

 

Source : Mihaly, Csikszentmihalyi. La Créativité – psychologie de la découverte et de l’invention. Éditions Robert Laffont, Paris, 2006, 389 pages.

Dans l’oeil d’Elias

Elias Djemil est un réalisateur et photographe né d’un père algérien et d’une mère russe. Arrivé au Québec à 20 ans avec un baccalauréat en mathématique appliquée non reconnu, il doit se revirer de bord. Il s’inscrit alors en Arts et lettres au Cégep de Chicoutimi avant de fréquenter l’École de Cinéma et Télévision de Québec. Croyant en son art, il investit tout sur son premier film. C’était il y a 10 ans. Rencontre avec Elias Djemil, un artiste qui croit que c’est grâce aux problèmes qu’émerge la créativité.

Crédit photo : Philippe Ruel

Crédit photo : Philippe Ruel

1. Elias, tu es né avec une double influence culturelle, selon toi, quelle est la différence entre l’art en Russie et en Algérie?

En Algérie, l’art est considéré plus comme un loisir qu’une profession. Tu ne peux pas vraiment en vivre, à part quelques rares exceptions. En Russie, c’est complètement l’inverse. L’éducation est construite autour de l’art dès la petite enfance. Quand tu arrives au secondaire, tu lis du Tolstoï et du Dostoïevski. Les professeurs russes croient que l’art ouvre des portes pour y revenir plus tard et je suis assez d’accord avec eux.

2. Où puises-tu ton inspiration?

Dans la paresse. Les idées viennent lorsque je ne fais rien. Quand tu te détends, que tu fais de l’espace, ton cerveau fait des liens avec des choses que tu as en toi. Je suis aussi beaucoup inspiré par les gens, qu’ils soient morts, vivants, proches, lointains, artistes ou pas. Observer les humains, ça donne des idées, voyager aussi.

3. Et au niveau artistique, qu’est-ce qui t’allume?

J’aime beaucoup le cinéma de Tarkovski, c’est très connecté sur l’humain, ses films t’habitent pendant longtemps. J’adore aussi la peinture abstraite. Je suis fasciné comment on peut raconter quelque chose et faire vivre des émotions avec de l’art non figuratif.

4. Quel est ton processus de création?

Quand je fais un film, c’est comme un carré de sable où j’invite d’autres personnes à venir jouer avec moi. J’ai une image en tête et je me fie à mon instinct pour y arriver. Mais en même temps, c’est très réfléchi. Chaque plan est là pour une raison. Je réalise souvent de quoi parle mon film lorsque je suis rendu au montage.

5. Pour toi, qu’est-ce qu’une oeuvre réussie?

J’aime le mystère de la beauté. Je n’essaie pas d’expliquer et de décortiquer techniquement une œuvre. Faire ça, c’est comme essayer d’expliquer l’amour avec de la chimie. Je crois que le but de l’artiste est de toucher le doux, le bon et l’âme en chacun de nous. Mais l’art, c’est beaucoup de pratique. Quand tu maitrises un médium et que tu en essaies un autre, c’est une vraie leçon d’humilité. Et bien sûr, ce nouvel art enrichit celui que tu maitrises déjà.

7. Si tu avais un conseil à donner à quelqu’un qui souhaite réaliser un film, que serait-il?

Fais-le. Arrête d’attendre. Le moment parfait n’existe pas.

8. Comment utilises-tu ton intuition dans ton travail?

Je donne du respect aux idées qui naissent. Je les prends en note. L’intuition est toujours là et plus tu l’écoutes, plus tu développes ta confiance. Tu deviens plus authentique et meilleur. Parce que sans l’intuition, tu fais juste répéter ce que les autres font.

9. Crois-tu que l’on nait créatif ou qu’on le devient?

Je pense que l’on nait créatif et que par la suite, différents facteurs de notre vie font qu’on développe notre créativité ou pas.

10. Avec la montée de Netflix et de la réalité virtuelle, quel est l’avenir du cinéma?

On va toujours avoir des histoires à raconter. C’est la base. Comment on le fera, je n’en ai aucune idée.

 

 

 

On me demande souvent d’où proviennent mes idées. « Comment fais-tu pour trouver un nom de marque? » est une question qu’on me pose souvent. Bien sûr, il y a l’inspiration, mais c’est seulement une partie d’un processus qui a fait ses preuves. Voici donc ma recette pour créer un nom de marque.

  1. Ça commence par une rencontre d’information avec le client où je passe à travers mon questionnaire de branding (c’est le seul bout que je garde secret). En gros, je pose des questions qualitatives pour avoir plus que de l’information sur le produit. Je veux comprendre les valeurs, les motivations, les goûts et l’imaginaire de l’entrepreneur.
  1. Ensuite, je fais une recherche sur le domaine et les concurrents. Je m’imprègne de tout ce que je peux trouver comme information. Merci Google et Wikipédia. Le but est de devenir, le temps du mandat, un expert dans le domaine de mon client pour comprendre comment il pense, ce qu’il fait, avec quoi il travaille et de quelle façon il vend son produit.
  1. Parallèlement à ma recherche d’information, je crée un champ lexical autour des attributs et de la personnalité du produit. Par exemple, si l’attribut principal est la performance, je pourrais utiliser les termes suivants dans ma création d’un nom de marque : performer, vitesse, productivité, extra, super, méga, briller, exceller, etc.
  1. À partir du champ lexical, je fais une recherche de termes dans d’autres langues via Google Traduction. Comme les noms doivent souvent avoir une sonorité bilingue ou internationale, les racines latines sont souvent inspirantes.
Recette pour créer un nom de marque

Je joue avec les mots pour en créer de nouveaux. Ici, je travaillais sur le nom d’une websérie dans le domaine dentaire.

  1. Ensuite, je mets tous les termes trouvés, les suffixes, les préfixes, les adjectifs, les attributs dans un tableau. Puis je découpe tous les termes du tableau et j’essaie toutes les combinaisons de mots possibles afin de créer une combinaison originale qui peut devenir un nom de marque. Par exemple, avec les suffixes Tek, je peux créer plusieurs noms dont Tekagro, Teknov, Tekxio, etc. Je prends en note tous les noms créés qui semblent avoir un potentiel. Bien sûr, d’autres éléments peuvent inspirer la création, comme le nom du propriétaire et ses origines, la ville de création, le nom de son animal de compagnie, etc. Mais on a vite fait le tour. C’est pour ça que c’est essentiel d’avoir une démarche structurée. Toutes les pistes doivent être étudiées.
  1. Puis c’est l’étape de la validation. Je dois m’assurer que les noms imaginés sont libres de droits et que rien d’autre n’existe sur le web dans le même domaine. Je fais toujours les vérifications suivantes :

7. Ensuite, je sélectionne les noms en fonction des objectifs et contraintes.  La plupart des clients désirent un nom bilingue. Mais il peut y avoir d’autres éléments à tenir en compte. Par exemple, un client dans le domaine des rampes peut désirer que le mot rampe se retrouve dans son nom d’entreprise.

8. Je m’assure aussi que les propositions respectent les critères d’un bon nom de marque. Le nominal doit être original et se démarquer des concurrents. Il doit aussi être court, idéalement deux syllabes, pas plus de quatre pour faciliter la mémorisation. Dans le même ordre d’idées, le nom de marque doit être facile à écrire et à prononcer. Et finalement, il doit y avoir un certain lien entre le nominal et le service de l’entreprise.

9. Et la dernière étape, la présentation des noms retenus. J’explique à mon client le processus de création et les critères de sélection qui me permettent d’arriver avec des propositions de noms solides qui répondent aux objectifs.

Voici les étapes que je suis religieusement à chaque mandat de recherche de nom de marque. Le processus prend en moyenne entre deux semaines et un mois. N’oubliez pas que la création d’un nom engendre plusieurs frais : inscription au Registraire des entreprises, incorporation avec un avocat en droits de marques, création d’un logo, d’un site web et investissement dans les efforts marketing afin de faire connaitre l’entreprise. Il est primordial de réaliser cette étape sérieusement. Personnellement, la création de noms de marque est ce que je préfère. Baptiser une compagnie ou un produit, c’est du pur plaisir!

 

Qu’est-ce qu’un slogan de marque?

Le slogan de positionnement ou slogan de marque est un énoncé de quelques mots qui évoque simplement et (idéalement) de manière créative de quelle façon votre entreprise se distingue de ses concurrents. C’est souvent un résumé de ce que vous faites, mais surtout de comment vous le faites. Il s’agit d’une attitude qui doit être partagée par tous les employés de votre entreprise.

votreslogan

Le cas Apple : un des meilleurs slogans de tous les temps

Plusieurs compagnies fabriquent des téléphones, des ordinateurs et des tablettes, mais une seule le fait en pensant différemment. Le « Think different » est un bon exemple de positionnement qui tient la route en mettant de l’avant l’innovation des produits. Il souligne aussi l’avant-gardisme des clients qui font partie de la tribu Apple.

Les 3 qualités d’un bon slogan de marque

  1. Original. C’est impératif d’être différent de ses concurrents. Si tout le monde mise sur le plus bas prix, allez ailleurs. Vous ne pourrez pas vous distinguer en mettant de l’avant cet attribut. Il est aussi important que votre slogan ne ressemble pas à un slogan existant. La créativité est essentielle pour se démarquer.
  2. Sensé. La promesse mise de l’avant dans votre slogan doit avoir du sens pour vos clients. Ce doit être perçu comme un réel avantage. Demandez-vous : « Qu’est-ce que mon entreprise peut faire spécifiquement pour mes clients? » Si vous vous positionnez sur le prix, mais que vos clients cherchent avant tout une expérience exceptionnelle de service à la clientèle, la promesse du meilleur prix ne fera aucun sens pour eux.
  3. Honnête. Est-ce que les babines suivent les bottines? Vous devez assumer les mots que vous placez à côté de votre nom d’entreprise. Si vous scandez haut et fort que votre service à la clientèle est exemplaire, mais que votre centre d’appel est situé en Inde et que vos employés cherchent plus à augmenter leurs commissions qu’à aider vraiment vos clients… vous perdrez des clients. La vie n’est pas si BELLe que ça! Expérience vécue. Des mots pompeux, vides de sens et aucunement endossés par les employés risquent de vous faire plus de mal que de bien.

D’autres considérations pour créer un bon slogan de positionnement

Aux premiers abords, une rime peut sembler une bonne idée pour votre slogan. Mais est-ce que ça sert vraiment votre marque? Il y a d’autres façons de rendre le rythme d’un slogan unique.

Une promesse trop grande (les meilleures frites au monde) est aussi un autre piège à éviter. Les superlatifs donnent rarement des slogans mémorables. Et c’est plutôt dur à prouver.

Est-ce que votre slogan colle réellement à vos valeurs? Parce qu’il n’y a rien de pire qu’un slogan fade ou non assumé.

Une touche d’émotion ne peut pas nuire non plus. Entre « les spécialistes du matelas » et « passez une meilleure journée », lequel vous fait le plus vibrer? Envisagez des arguments plus émotionnels que rationnels.

Finalement, pour savoir si votre slogan vous convient, essayez de l’apposer à une autre marque. Si ça ne fonctionne pas, c’est que votre positionnement est unique et que personne d’autre ne peut le porter aussi bien. Et une dernière chose, on ne change pas de slogan comme on change de bobette!

La graphiste qui a réalisé le swoosh de Nike a été payée 35 $ (elle a reçu des parts de l’entreprise plus tard). Croyez-vous que c’est un bon montant ? Et combien a reçu le concepteur-rédacteur qui a trouvé « Just do it ! », une signature qui perdure depuis plus de 25 ans. Trois mots qui ont rapporté des milliards de dollars.

Autre exemple, le fameux « Think different » d’Apple. Une philosophie résumée en deux mots. Une expression à la hauteur des produits. Un slogan qui a aussi  très bien vieilli. Et là, je ne parle pas de la publicité mythique de lancement. Mais quel prix cette idée a-t-elle été vendue ? Probablement pas assez cher !

Quelle est la valeur d’une marque ?

Prix d'une idée

Lorsqu’ un client me dit que payer plus de 1000 $ pour un nom ou un slogan de marque c’est trop cher, je me demande s’il comprend bien la valeur de son nom. C’est bien simple, je pense qu’il sous-estime le pouvoir évocateur de son image de marque.

Lorsque tu lances une entreprise, tu ne changes pas de nom aux deux ans. C’est l’ADN. La base solide qui te différencie et donne de la crédibilité à tes services. Le nom de marque a une valeur marketing très élevée. Le slogan de positionnement aussi.

Je crois que l’établissement du prix d’une idée doit tenir compte de sa durée de vie et de son impact à long terme sur les ventes. Une publicité radio ou imprimée à une durée de vie limitée. Même si elle génère des ventes, ce sera le temps d’une saison, d’une offre ou d’une promotion. Quant au nom, il assoit la réputation pour la vie. C’est un investissement qu’il ne faut pas prendre à la légère. Baptiser une marque, c’est du sérieux.

Faut-il payer à la performance ?

Est-ce que les créatifs devraient être payés aux résultats, comme des représentants ? Ça me semble quasi impossible car il y a trop d’impondérables. Prenons l’exemple d’un restaurant. J’ai beau écrire le meilleur message radio au monde pour annoncer l’ouverture, sur la bonne station, en heure de pointe, si l’expérience client est mauvaise, c’est foutu. Mon objectif est d’attirer l’attention des consommateurs sur ce nouveau restaurant et de les inciter à l’essayer. Mais s’ils sont accueillis par un air bête, qu’ils attendent 20 minutes pour leur bière, que la bouffe est dégueulasse et que le prix est trop élevé, c’est foutu pourri d’avance. Le bouffe à oreille fera son oeuvre. Et ce n’est pas une bonne pub qui y changera quoi que ce soit.

C’est parfois difficile de faire comprendre la plus-value de la conception-rédaction publicitaire. Au-delà des images, les mots aussi font vendre. Surtout lorsqu’une entreprise décide de s’adresser à l’intelligence du consommateur. Et un consommateur qui aime votre entreprise, ça, ça n’a pas de prix !

 

1 – Un rédacteur web bien briefé tu seras.

Je dis souvent à mes clients que le résultat de la création est toujours égal à la qualité du brief. Ton client doit s’investir. Il doit être capable de cerner son client potentiel, de te fournir des outils de communication déjà rédigés et une liste de compétiteurs. Le brief est un moment-clé. Est-ce que toutes les pages sont dans l’arborescence proposée ? Est-ce que des maquettes fonctionnelles sont disponibles ? Est-il ouvert à des suggestions sur l’architecture du contenu ? Il faut savoir définir ton rôle. Es-tu seulement un rédacteur web ou un conseiller en communication ? Surtout, tu dois comprendre l’objectif derrière le site et définir la cible avec un maximum de détails.

rédacteur web

Écrire pour le web est un art.

2 – Jamais trop de questions tu ne poseras.

Nous ne sommes plus à l’école, tu ne dérangeras pas toute la classe. Pose des questions. Ton client est là pour t’aider à l’aider. Il a le nez collé sur son entreprise et il a besoin de quelqu’un pour prendre du recul. Mais une rencontre téléphonique ou en personne, ça se prépare. À partir de l’arborescence, rédige-toi environ 3 questions par page de contenu à rédiger. Lors de l’entretien, prends le plus de notes possible en reprenant exactement les mots du client. N’oublie pas d’échanger sur les valeurs de l’entreprise et oblige ton client à synthétiser. Demande-lui comment se déroule le processus de vente. Bref, fais-le parler. C’est le moment ou jamais.

 

3 – Des mots-clés tu n’abuseras point.

Tu recevras une liste de mots-clés ou tu feras la recherche toi-même. Ils sont essentiels, mais ils peuvent aussi devenir rebutants lorsqu’utilisés à outrance. Les gens ne sont pas dupes. Google non plus. Si tu  fais du bourrage de mots-clés, on s’en rend compte.  En plus de faire un effet boomerang au niveau du référencement, ça fait décrocher le lecteur. Utilise des synonymes et des groupes d’expressions connexes.  Sois créatif. Ton contenu doit avant tout être intéressant à lire.

4 – Des listes et questions tu utiliseras.

Les gens ne lisent pas. Ça peut paraître drôle à dire pour un rédacteur web, mais c’est vrai. Il faut que tu les aides un peu. Les listes avec des points de forme sont très efficaces pour mettre l’accent sur certains éléments. Ça demande moins d’effort à lire. Les questions aussi sont pratiques. Elles permettent au lecteur de se dire : « Ha oui, j’ai ce problème. OK, la réponse se trouve ici, je vais lire l’info! » C’est très bon pour identifier la cible. Voici un exemple concret : Vous avez mal au genou ? Voici 5 raisons de prendre rendez-vous !

5 – Des appels à l’action tu feras.

Si l’objectif du site est la conversion (ce qui devrait toujours être le cas), tu dois amener l’internaute à poser une action. Ça peut prendre plusieurs formes : s’inscrire à l’infolettre, prendre un rendez-vous en ligne, appeler l’entreprise, demander une estimation par le formulaire de contact, aimer la page Facebook de l’entreprise. Bref, l’usager du site doit idéalement cliquer ailleurs que seulement sur les autres pages du site. Et tu dois l’inciter à le faire.

6 – Morceler l’information tu dois.

Fais des paragraphes courts de 5 à 10 lignes. Ça donne l’impression que la fin du texte arrive bientôt. Et place l’information importante au début et à la fin des paragraphes. Au lieu de répéter des informations déjà présentes dans le site, fais des liens internes. Sépare tes paragraphes avec des titres et des sous-titres. Ceux-ci agissent comme un slogan pour inciter à lire ton paragraphe. Si tu peux y intégrer un mot-clé, c’est encore mieux. N’oublie pas que ça demande un effort de lire. Utilise un langage simple qui correspond à ta cible. Et n’entre pas trop dans la microexplication. Les employés de l’entreprise sont là pour expliquer les détails et finaliser la vente. Toi, tu dois donner confiance, capter l’intérêt et pousser à  l’action.

7 – Un champ lexical tu créeras.

Ta job, c’est d’écrire en faisant passer un message de façon originale. Si ton client mise sur la précision, trouve des façons différentes de dire que ses services sont précis. Recherche les verbes, les synonymes, les adjectifs et les expressions qui expriment cette caractéristique. Garde ton vocabulaire riche à proximité et saupoudre-le intelligemment dans tes textes.