Marie-Josée Lépine est une artiste peintre et auteure de Québec. Mais c’est avant tout une humaine qui s’inspire des autres humains pour les toucher et les faire réfléchir. Rencontre avec une femme qui se lève heureuse chaque matin car elle a choisi cette vie.

Crédit photo: Étienne Dionne

Marie-Josée Lépine artiste peintre et auteure Crédit photo: Étienne Dionne

Marie-Josée, tu te promènes constamment entre deux arts. Dirais-tu que ton écriture influence ta peinture, ou vice-versa?

Il n’y a pas de silo. Lorsqu’un thème m’inspire, il m’inspire dans tout. Si l’écriture n’est pas la meilleure forme pour m’exprimer, je change pour la peinture. Et vice-versa. En écriture, je veux magnifier le monde pour mieux en voir les travers. En peinture, je veux procurer un temps d’arrêt, inspirer, faire réfléchir.  Je m’intéresse à la notion de perfection, de bonheur, de l’accumulation des demandes et des exigences. Dans ma nouvelle collection de peinture, je laisse délibérément du vide. Parce que souvent dans nos vies, lorsqu’il y a du vide, on cherche à le remplir. Alors oui, mes deux arts vivent en même temps, ils se nourrissent mutuellement.

Comment te sens-tu quand tu t’exprimes à travers ton art?

Je me sens vivante. Longtemps j’ai eu l’impression d’être spectatrice, de voir le train passer, mais de ne pas embarquer. Ça fait deux ans que je ne suis plus sur le frein et ça fait du bien. Maintenant, quand je suis en création, j’ai l’impression d’exprimer quelque chose et de participer à la société. Quand je termine un texte dont je suis fière, ça me remplit de façon permanente. Chaque journée me tente parce que j’ai choisi ma vie. Je suis maitre de ce que je fais. Et ça me procure un bonheur en lame de fond. Ça me rend heureuse. Parce que le bonheur est plus grand avec la liberté.

Aimes-tu te mettre en danger, sortir de ta zone de confort?

C’est un acte que je fais au quotidien. Je dis toujours oui et ça me met dans le pétrin. Mais quand je m’engage, je livre. J’accepte tous les projets. J’aime faire les choses pour la première fois.  Je suis toujours en train d’apprendre et de me remettre en question. J’aime les défis, les nouveautés et essayer.

Faire face - Marie-Josée Lépine

Faire face – Marie-Josée Lépine

Autant dans la peinture que dans l’écriture, tes doigts sont sollicités, as-tu une relation particulière avec le sens du toucher?

La peinture, c’est très sensuel. Dans la texture, dans le mouvement, dans l’acte de création, mon corps et ma tête sont en symbiose. Je laisse place au chaos et à l’erreur. C’est très physique, presque comme de la danse. L’écriture est moins liée au sens, c’est plus mécanique et froid. Tout se passe dans ma tête, je peux entendre les répliques des personnages. Je suis vraiment dans mes pensées, pas dans mon corps.

D’où provient ton inspiration?

L’humain en écriture est une source inépuisable d’inspiration. Je l’adore et le déteste. J’aime observer les relations, les faiblesses et les forces des gens. J’aime les humains individuellement, mais collectivement, ils me rendent folle. Ils portent à la fois la beauté et la noirceur, le meilleur et le pire. D’ailleurs, j’adore mettre les paradoxes en lumière. Personne n’est à l’abri de se retrouver dans mes écrits.

Quelle est ta définition de la créativité?

C’est l’idée de mettre en relation des éléments qui existent déjà pour leur donner un sens nouveau. Pour moi, la créativité, c’est tout ce qui est à l’extérieur de ce qu’on doit faire. C’est sortir du convenu, de l’habituel pour générer de l’inédit. L’image qui me vient en tête, c’est une personne qui marche en sens inverse dans une foule. Je crois aussi que la créativité est quelque chose que l’on doit solliciter, il faut y travailler.

 

Plonger - Marie-Josée Lépine

Plonger – Marie-Josée Lépine

Quel rôle joue l’intuition dans ta vie?

C’est au cœur de toutes mes décisions et de toutes mes créations. Je n’analyse pas de façon rationnelle. Si mon intuition ne le sent pas, c’est non. En art, c’est fondamental. Quand je peins, je n’ai pas d’idée fixe, je suis seulement guidée par une émotion, un sentiment.

Quel conseil donnerais-tu à une personne qui réprime son côté artistique par peur du jugement?

On devrait toujours se comparer uniquement avec soi-même. Malheureusement, on se compare à ceux qui nous inspirent le plus. En faisant ça, on est toujours à la remorque. Je crois qu’il n’existe pas un sentier unique. Quand on est trop vieux pour faire quelque chose qu’on aime, c’est qu’on est mort. Il y a juste nous qui nous retenons. Il faut se tasser de notre propre chemin. Et ne pas être la somme des attentes des autres. Il y a toujours d’autres chemins, si tu n’es pas sur le bon, tu vas en trouver un autre. Il faut avoir confiance. Vas-y! Fais-le! Fonce!

Est-ce que l’on peut concilier art et richesse?

Une chose est sûre, je ne crois pas que l’on devient riche avec les biens matériels. Ce qui est difficile, c’est d’être tiraillé entre garder la sécurité et aller chercher quelque chose de nouveau. Comme je n’ai pas besoin de mon art pour vivre, je peux faire des toiles qui ne cherchent pas à séduire tout le monde. Ça me permet de ne pas figer mon art. Quand je fais une exposition, c’est sûr que je veux que ça marche. Mais avant tout, je présente des toiles que j’aime et dont je suis fière. C’est important de rester honnête envers soi-même.

Comme je suis très curieux, je m’intéresse beaucoup à l’étymologie des mots et des expressions. Je me demande aussi d’où viennent les proverbes. Et mon intérêt pour le marketing m’amène souvent à m’informer sur l’origine d’une marque que j’affectionne. C’est systématique, lorsque que je rencontre un nouveau client, je lui demande de me raconter la petite histoire de l’entreprise et de son nom de marque. C’est toujours très instructif. Alors j’ai décidé de faire l’exercice avec des marques internationales que tout le monde connait. Voici donc l’origine du nom des marques ADIDAS, IKEA, NIKE, LEGO et AMAZON.

D’où viennent ces noms de marques?

logoadidas

  1. ADIDAS. Tout le monde connait cette marque de chaussures. D’ailleurs, qui n’a pas déjà porté une paire d’Adidas Gazelle? En 1924, les frères Rodolph et Adolf Dassler créent La fabrique de chaussures des Frères Dassler. Leurs deux premiers brevets concernent des chaussures de course ainsi que des chaussures de football à crampons. Après la guerre 1939-45, les frères se séparent. Rudolph crée sa propre marque d’articles de sport, la célèbre marque PUMA. Adolph change le nom de sa compagnie. Pour trouver un nom original, il combine son surnom ADI et les premières lettres de son nom de famille DAS. La marque ADIDAS était née. Il faudra attendre en 1948 pour voir apparaitre les 3 bandes distinctives sur les espadrilles. Une idée qu’Adolph Dassler a eu pour rendre ses chaussures identifiables  de loin.

logoikea

  1. IKEA. Le magasin préféré de ceux qui veulent changer de décor tout en décodant un plan a été créé en 1943 par le suédois Ingvar Kamprad. L’homme d’affaires a commencé sa carrière en vendant des objets d’utilité quotidienne à ses voisins. À l’époque, il livrait à vélo. Les premiers meubles, fabriqués par des artisans locaux, sont proposés dans une brochure de vente par correspondance. C’était les balbutiements du fameux catalogue IKEA. Pour trouver le nom de son entreprise, M Kamprad a réalisé un acronyme. Il a d’abord pris les initiales de son nom IK, il a ajouté la première lettre du nom de la ferme de ses parents Elmtaryd, d’où le E, puis le A qui est la première lettre du nom de son village Agunnaryd. Quant aux couleurs du logo d’IKEA, elles sont les mêmes que celles du drapeau suédois.

logolego

  1. LEGO. La compagnie LEGO a été fondée en 1932 par le menuisier danois Ole Kirk Christiansen. C’est l’incendie de son usine, la Deuxième Guerre mondiale et la mauvaise qualité du bois qui poussent l’inventeur vers le plastique. Les premières briques en plastique qui s’emboitent sont commercialisées en 1952. La version que l’on connait aujourd’hui existe depuis 1958.  Saviez-vous que le fondateur a nommé son entreprise LEGO à partir des mots danois LEG GODT  qui signifient « joue bien »? Et en latin LEGO signifie « j’assemble ». Difficile de trouver meilleur nom pour ce jeu qui fait le bonheur des enfants et des adultes à travers le monde.

 logoamazon

  1. AMAZON. En 1994, lorsque Jeff Bezos cherche un nom pour son site web, il veut que ça commence par un A pour apparaitre en premier dans l’ordre alphabétique. En parcourant le dictionnaire, il tombe sur amazon qui est le nom du plus long fleuve du monde. L’Amazonie, c’est aussi une région du globe avec une très grande diversité de faune et de flore. Mais c’est probablement son logo qui retient le plus l’attention car il a une double signification. La flèche en sourire symbolise l’importance qu’il accorde à la satisfaction du client. Ça rend le logo sympathique. Et la flèche part du A pour aller jusqu’au Z. Un beau clin d’œil à l’étendue des produits que l’on retrouve sur Amazon.

 logonike

  1. NIKE. La compagnie a été créée au début des années 60 alors que l’entraineur Bill Bowerman et l’étudiant en comptabilité et coureur Philip Knight ont l’idée d’importer des chaussures d’athlétisme du Japon. En 1965, l’arrivée du vendeur Jeff Johnson et la volonté de vendre leurs propres chaussures les poussent à créer des chaussures de sport américaines. Ils baptisent la marque NIKE, une inspiration de la déésse grecque de la victoire, Niké. Cette déesse ailée était capable de se déplacer très rapidement. D’ailleurs, le célèbre swoosh, en forme de virgule inversée à l’horizontale, est une représentation stylisée de l’aile de la déesse. La création du logo a fait couler beaucoup d’encre.  La graphiste Carolyn Davidson était étudiante à l’époque où elle a réalisé le swoosh. Elle a été payée 35 $ en 1971. Puis en 1983, les dirigeants de Nike ont voulu reconnaitre son travail à sa juste valeur. Ils lui ont offert 500 actions de la compagnie. Une valeur de plus de 36 000 $ aujourd’hui!

 

Gageons que la prochaine fois que vous achèterez un produit de votre marque favorite, vous vous demanderez d’où vient son nom. Si vous êtes curieux et que vous désirez en connaitre plus sur la création d’un nom de marque, je vous invite à découvrir ma recette pour créer une marque. Vous comprendrez que parfois, au-delà de l’intuition, il faut faire appel à un processus éprouvé pour faire surgir toutes les possibilités.

 

Sources :

http://www.fashions-addict.com/L-histoire-des-marques-Adidas_368___52.html

https://www.ikeafoundation.org/fr/qui-sommes-nous/histoire/

http://www.dailymail.co.uk/news/article-2004273/Woman-designed-Nike-swoosh-explains-story-inception-40-years-ago.html

https://www.lego.com/fr-fr/aboutus/lego-group/the_lego_history

https://signification-marques.blog-machine.info/59-signification-et-origine-de-la-marque-amazon-et-de-son-logo/

 

Les Soirées PechaKucha Québec sont de retour

J’adore la créativité sous toutes ses formes. J’aime les événements qui la soulignent comme les Creative Mornings. Et il y a maintenant une nouvelle façon de partager des idées en buvant un verre à Québec. C’est le retour des Soirées PechaKucha le 3 mai chez Noctem Artisans Brasseurs. Je précise le retour, car elles ont été organisées par l’équipe du Cercle Lab Vivant pendant quelques années.

Les Soirées PechaKucha sont de retour le 3 mai 19 h 30 chez Noctem Artisans Brasseurs

Les Soirées PechaKucha sont de retour le 3 mai 19 h 30 chez Noctem Artisans Brasseurs

Qu’est-ce qu’une soirée PechaKucha?

Avez-vous déjà assisté à une présentation PowerPoint tellement plate et interminable que vous auriez aimé être ailleurs? Les américains appellent ça Death by PowerPoint. Une soirée PechaKucha, c’est tout sauf ça. Impossible de s’endormir pendant la présentation, car elle ne dure que 6 minutes 40. Pas une seconde de plus. Les conférenciers de différents horizons viennent présenter un projet créatif avec comme seul support visuel, 20 images qui changent automatiquement toutes les 20 secondes. La formule est simple et dynamique. Il faut être concis et original. Pendant la soirée, une dizaine de conférenciers se succèdent. Ça donne un rythme entrainant où l’on n’a pas le temps de s’ennuyer.

D’où vient cette idée de fou?

Les architectes Astrid Klein and Mark Dytham de Klein Dytham architecture ont inventé ce concept parce que selon eux les architectes parlent trop. Il fallait trouver un moyen de raccourcir leurs présentations. D’où la contrainte de présenter avec 20 images qui changent automatiquement toutes les 20 secondes. Ils ont organisé la première soirée en 2003 à Tokyo et  il y a maintenant des événements dans plus de 1000 villes à travers le monde. Pour votre gouverne, le terme PechaKucha signifie l’art de la conversation en japonais. D’ailleurs, le dialogue est le thème de la soirée du 3 mai. Fait amusant, les événements doivent absolument avoir lieu dans un endroit avec un permis d’alcool. Comme quoi on ne se prend pas au sérieux et que le but est d’avoir du fun tout en partageant des idées.

Qui sont les conférenciers pour la Soirée Dialogue du 3 mai?

1. Pierre Côté, professeur titulaire à l’École d’architecture de l’Université Laval

2. Paul Bordeleau, illustrateur et auteur de bandes dessinées

3. Marie-Josée Lépine, artiste peintre, auteure de la relève et chargée de projets en art et en culture

4. Jean-Pierre Bédard, directeur général de la Société de développement commercial (SDC) Montcalm

5. Geneviève Guimont, architecte cofondatrice de la firme Parka – Architecture & Design

6. Émilie Turmel, poète et auteure

7. Alain A. Viau, professeur titulaire au Département des sciences géomatiques de l’Université Laval et artiste-peintre

8. Jean-Philippe Simard, urbaniste et designer urbain, chargé de projets à La Pépinière Espaces collectifs

9. Catherine Dorion, chroniques, politique active, poésie, réalisation, théâtre

10. Anne-Josée Lacombe, responsable de la médiation numérique au Musée national des beaux-arts du Québec

11. Christina Moscini, directrice, conceptrice, productrice de la troupe Burlestacular

Avec 11 conférenciers, plus une performance de danse contemporaine, ça promet! Et seulement 5,20 $ pour une soirée d’inspiration, c’est tout un deal! Que vous soyez artiste, designer, publicitaire, architecte, communicateur ou simplement curieux, j’espère vous croiser. Question d’échanger sur la créativité, une pinte d’IPA à la main.

Dans l’oeil d’Elias

Elias Djemil est un réalisateur et photographe né d’un père algérien et d’une mère russe. Arrivé au Québec à 20 ans avec un baccalauréat en mathématique appliquée non reconnu, il doit se revirer de bord. Il s’inscrit alors en Arts et lettres au Cégep de Chicoutimi avant de fréquenter l’École de Cinéma et Télévision de Québec. Croyant en son art, il investit tout sur son premier film. C’était il y a 10 ans. Rencontre avec Elias Djemil, un artiste qui croit que c’est grâce aux problèmes qu’émerge la créativité.

Crédit photo : Philippe Ruel

Crédit photo : Philippe Ruel

1. Elias, tu es né avec une double influence culturelle, selon toi, quelle est la différence entre l’art en Russie et en Algérie?

En Algérie, l’art est considéré plus comme un loisir qu’une profession. Tu ne peux pas vraiment en vivre, à part quelques rares exceptions. En Russie, c’est complètement l’inverse. L’éducation est construite autour de l’art dès la petite enfance. Quand tu arrives au secondaire, tu lis du Tolstoï et du Dostoïevski. Les professeurs russes croient que l’art ouvre des portes pour y revenir plus tard et je suis assez d’accord avec eux.

2. Où puises-tu ton inspiration?

Dans la paresse. Les idées viennent lorsque je ne fais rien. Quand tu te détends, que tu fais de l’espace, ton cerveau fait des liens avec des choses que tu as en toi. Je suis aussi beaucoup inspiré par les gens, qu’ils soient morts, vivants, proches, lointains, artistes ou pas. Observer les humains, ça donne des idées, voyager aussi.

3. Et au niveau artistique, qu’est-ce qui t’allume?

J’aime beaucoup le cinéma de Tarkovski, c’est très connecté sur l’humain, ses films t’habitent pendant longtemps. J’adore aussi la peinture abstraite. Je suis fasciné comment on peut raconter quelque chose et faire vivre des émotions avec de l’art non figuratif.

4. Quel est ton processus de création?

Quand je fais un film, c’est comme un carré de sable où j’invite d’autres personnes à venir jouer avec moi. J’ai une image en tête et je me fie à mon instinct pour y arriver. Mais en même temps, c’est très réfléchi. Chaque plan est là pour une raison. Je réalise souvent de quoi parle mon film lorsque je suis rendu au montage.

5. Pour toi, qu’est-ce qu’une oeuvre réussie?

J’aime le mystère de la beauté. Je n’essaie pas d’expliquer et de décortiquer techniquement une œuvre. Faire ça, c’est comme essayer d’expliquer l’amour avec de la chimie. Je crois que le but de l’artiste est de toucher le doux, le bon et l’âme en chacun de nous. Mais l’art, c’est beaucoup de pratique. Quand tu maitrises un médium et que tu en essaies un autre, c’est une vraie leçon d’humilité. Et bien sûr, ce nouvel art enrichit celui que tu maitrises déjà.

7. Si tu avais un conseil à donner à quelqu’un qui souhaite réaliser un film, que serait-il?

Fais-le. Arrête d’attendre. Le moment parfait n’existe pas.

8. Comment utilises-tu ton intuition dans ton travail?

Je donne du respect aux idées qui naissent. Je les prends en note. L’intuition est toujours là et plus tu l’écoutes, plus tu développes ta confiance. Tu deviens plus authentique et meilleur. Parce que sans l’intuition, tu fais juste répéter ce que les autres font.

9. Crois-tu que l’on nait créatif ou qu’on le devient?

Je pense que l’on nait créatif et que par la suite, différents facteurs de notre vie font qu’on développe notre créativité ou pas.

10. Avec la montée de Netflix et de la réalité virtuelle, quel est l’avenir du cinéma?

On va toujours avoir des histoires à raconter. C’est la base. Comment on le fera, je n’en ai aucune idée.

 

 

 

Entre travailler plus et travailler mieux, je choisis de travailler mieux. Parce qu’il n’y a rien de plus plate que de passer 7 heures devant un ordi et n’avoir été productif que deux heures. Et ça arrive. Dans un monde où tout va toujours plus vite, où les délais rapetissent aussi vite que la couche d’ozone, c’est bien de comprendre comment mieux organiser son temps. Voici donc 5 façons simples d’être plus productif.

Photo by Hello I’m Nik on Unsplash

1. Optimisez votre horaire en fonction de votre énergie. Si vous êtes plus productif le matin, levez-vous plus tôt. Si vous êtes un oiseau de nuit, inutile d’être au bureau à 7 h. Surtout que vous risquez d’être assez cerné. Afin de maximiser votre énergie, c’est aussi une bonne idée de commencer avec ce qui vous rebute le plus.

2. Utilisez la technique de Pomodoro. Cette méthode inventée par Francesco Cirillo se base sur l‘idée que de courtes périodes de travail favorisent l’agilité intellectuelle. Ça fonctionne comme suit. Vous faites une tâche pendant 25 minutes en prenant bien soin d’activer votre minuteur. Pendant cette période, vous ne répondez pas à vos courriels, vous n’allez pas sur les médias sociaux et vous ne répondez pas à votre téléphone. L’idée est de vous concentrer sur une seule tâche. Puis, lorsque la sonnerie retentit, vous prenez une pause de 5 minutes. Et à chaque quatre pomodoros, vous prenez une pause un peu plus longue de 15 à 30 minutes. Cette méthode est la preuve que le multitâches est improductif.

3. Fermez vos courriels. C’est peut-être la chose la plus difficile à faire. Surtout dans un monde où nous sommes connectés en permanence. Évitez de regarder vos courriels toutes les 5 minutes. Réservez plutôt une plage de quelques minutes chaque heure. Et si vous pouvez répondre tout de suite à votre courriel, faites-le. Selon la loi du temps de Carlson, si vous y revenez plus tard, ça vous aura pris beaucoup plus de temps à répondre que si vous l’aviez fait en une seule étape.

3. Buvez de l’eau. La déshydratation est une des principales causes de la fatigue au travail. Pour vous aider, buvez un verre d’eau au lever. Rappelez-vous que ça fait 8 heures que votre corps n’a pas été hydraté. L’eau permet entre autres l’activité neurologique du cerveau. Boire tout au long de la journée vous rend donc plus intelligent!

4. Écoutez de la musique qui incite à la concentration. Spotify offre plusieurs listes de lecture qui favorisent la productivité et la concentration. Vous aimez la nature? Pourquoi ne pas travailler au son des gazouillis des oiseaux et de l’écoulement d’une rivière? Le site Noisli est parfait pour ça. C’est du white noise qui enterre le bruit ambiant et permet de se concentrer. Des écouteurs coupe-son sont aussi recommandés si vous travaillez dans un environnement bruyant.

5. Pratiquez la méditation. La science a prouvé à plusieurs reprises que la méditation améliorait la concentration et l’attention tout en diminuant le stress. Deux excellentes raisons de commencer à méditer dès maintenant. Il existe de nombreux tutoriels en ligne comme celui de Let it be méditation pour vous familiariser avec la technique.

Vous avez envie de poursuivre la réflexion sur l’optimisation de votre temps? Je vous invite à relire les 8 lois du temps. C’est un bon rappel de la valeur de chaque minute et de la façon dont nous devrions optimiser nos journées.

 

 

Les Américains disent : « Walk the talk », on a traduit ça par : « Les bottines doivent suivre les babines ». Pour moi, ce sont deux façons de définir l’authenticité. Si on en parle autant, c’est parce qu’il y a de nombreux plus à être vrai. Voici 5 bonnes raisons d’être authentique en affaires.

TRUEjarrod-fitzgearlds

Photo : Jarrod Fitzgearlds

  1. Vous rencontrez des gens comme vous. Et c’est probablement le plus grand avantage. En étant soi-même, en affichant nos couleurs, en respectant qui nous sommes, on attire des clients et des collaborateurs qui nous ressemblent. On a plus de plaisir à collaborer avec des gens qui partagent la même vision et les mêmes valeurs.
  2. Vous n’avez pas à vous rappeler ce que vous avez dit. Lorsqu’on dit la vérité tout le temps, qu’on n’invente pas d’ histoires pour plaire ou ne pas déplaire. Lorsqu’on n’invente rien pour gonfler son ego, on peut parler sans filtre. On n’a pas à se demander si ce qu’on vient de dire entre en conflit avec un autre mensonge. Bref, une vie professionnelle authentique est plus simple. Et ça permet de mieux dormir.
  3. Vous êtes plus heureux. Lorsqu’on ne joue pas de game, autant avec soi qu’avec les autres, on se sent plus léger. Non seulement on fait de meilleurs choix axés sur nos valeurs, mais on a plus de plaisir. On a l’impression de se réaliser pleinement. C’est ce qu’on appelle être sur son X.
  4. Vous êtes plus libre. Libre d’écrire ce que l’on veut sur notre blogue. Libre de nous habiller comme on veut. Libre de faire des affaires à notre façon, avec des gens que l’on choisit. Libre de faire à notre tête, libéré du regard des autres. La sincérité est le chemin vers la liberté.
  5. Vous vous démarquez. Être différent, c’est payant. Il n’y a rien de plus plate que des gens tous pareils. En affichant sa personnalité, sa différence, son unicité, son authenticité, on sort du lot et on attire l’attention. Rappelez-vous qu’à compétences égales, nous faisons toujours affaire avec une personne dont la personnalité nous séduit. Pour ça, il faut la mettre de l’avant. C’est sûr que ça risque de déplaire. Mais en demeurant beige, vous ne plairez à personne.

10

  1. C’est toujours plus dur de vendre à un nouveau client que de revendre à un client actuel.  Et surtout, ça coûte plus cher. La récurrence est la clé. C’est pour ça qu’il faut développer une relation qui va au-delà du besoin professionnel. Il faut vraiment s’intéresser à nos clients et avoir du plaisir à collaborer à leurs succès.
  2. Le réseautage exige du temps. Il faut entretenir le lien et être sympathique avec tout le monde, surtout dans un petit marché comme Québec. Il est prouvé que 80 % des ventes se réalisent entre le 5e et le 12e contact. On ne sait jamais à quel moment une connaissance d’affaires va se transformer en client.
  3. Le télétravail, ça fonctionne. La moitié de mes clients sont à Montréal. J’en ai aussi à Drummondville, à Sherbrooke et aussi loin qu’en Abitibi et en Gaspésie. Techniquement, c’est souvent impossible de faire une rencontre en personne. Skype et le téléphone sont mes meilleurs alliés. J’ai même une cliente au nord de Montréal avec qui je collabore depuis 8 ans. Notre relation est uniquement basée sur la voix et les courriels. Nous ne nous sommes jamais rencontrés et nous en sommes venus à blaguer en disant qu’une rencontre pourrait tout gâcher :)
  4. Les projets se suivent et ne se ressemblent pas. Chaque jour apporte son lot de surprises et de défis créatifs. Être à son compte, c’est refuser de s’ennuyer et accepter de recommencer à zéro chaque jour. Avec une nouvelle page blanche. Ça prend une bonne tolérance à l’inconnu et au risque, ça peut être très angoissant par moment, mais c’est l’envers de la médaille de la liberté. Amoureux de la routine, oubliez ça.
  5. Tu ne deviens pas bon dans quelque chose en ne le faisant pas. Souvent on me demande si j’ai déjà fait ça avant. Je peux souvent répondre oui. Sinon, j’explique que je suis d’abord un rédacteur qui adapte son style. Écrire un discours fait appel à mes compétences transversales de rédacteur radio, alors j’accepte le défi. Tout le monde veut travailler avec quelqu’un qui a déjà de l’expérience. Mais cette expérience, il faut l’acquérir quelque part. Alors, on sort de sa zone de confort, on oublie le syndrome de l’imposteur et on fonce. Au pire, on se plantera et on n’acceptera plus jamais ce genre de mandat. Au mieux, on vient d’ajouter une corde à son arc.
  6. Le personal branding est primordial. Il faut savoir se vendre autant en personne que sur les médias sociaux. Mais notre image doit demeurer authentique. What you see is what you get. Il n’y a pas 2 Patrick Goulet. Je suis le même sur le web qu’en personne. Ce que vous écrivez sur votre site web, sur votre page Facebook, votre compte LinkedIn doit correspondre à votre personnalité et à vos valeurs. Ce que vous promettez, vous devez le livrer. Il ne faut pas qu’il y ait de dissonance entre ce que vous projetez et ce que vous êtes vraiment. Vous avez une couleur et c’est pour ça que vos clients vous aiment.
  7. Tes parents, tes amis et ta blonde ne comprennent pas vraiment ce que tu fais. Ça te prend des gens qui vivent la même chose pour évacuer. Un club affaires ou un groupe de réseautage que tu vois chaque mois t’apportera beaucoup plus que des mandats. C’est une véritable thérapie pour entrepreneurs, un soutien psychologique dont tu deviendras rapidement accro. Certains deviendront des clients, d’autres des amis. N’oublie jamais une chose, les défis, les hauts et les bas que tu vis, les questionnements que tu as, les autres autour de la table les vivent aussi. Et ils peuvent t’aider. N’hésite pas à leur demander conseil.
  8. Tu te remettras en question de temps en temps. Est-ce que je veux rester à mon compte ? Est-ce que ce projet me parle vraiment ? Tu douteras  de ton talent lorsque tu auras une semaine avec 3 clients pas contents. Tu te demanderas si tu veux continuer d’offrir tel service ? Tu auras envie de tout lâcher et de partir faire le tour du monde. Tout ça, c’est normal. Le problème c’est que le travailleur autonome vit ça plus intensément. Car sa job, c’est lui. Il investit sa personnalité dans son travail et peut se sentir personnellement attaqué.
  9. Ton discours d’ascenseur sera toujours prêt. Parce que tu es toujours en mode développement. Tu profiteras de chaque opportunité pour te faire connaitre et parler de tes services. Tu comprendras que ce sont les autres, ceux qui te connaissent et qui ont confiance en toi, qui sont tes meilleurs ambassadeurs. À un certain moment, un prospect t’appellera pour te dire que Jay Desjardins  lui a donné ton nom, mais tu n’auras aucune idée qui est ce fameux Jay. À ce moment-là, tu sauras que ta réputation est bonne et que ton réseau est grand.
  10. L’environnement de travail est beaucoup plus important que tu le penses. Ce n’est pas vrai qu’un café est le meilleur endroit pour travailler. Les chaises ne sont pas confortables, l’endroit n’est pas ergonomique, la connexion internet est parfois défaillante, le téléphone rentre mal. Chez toi, tu peux souffrir d’isolement. Pour moi, le centre d’affaires ou le coworking est vraiment la solution idéale. Tout en se laissant la liberté de travailler dans un café ou à la maison lorsque le cœur nous en dit.

1.Il faut se fier à son intuition. À un moment donné, il faut choisir ses clients et ses projets en se fiant à sa petite voix. Lorsqu’on débute, on a tendance à tout accepter même si le cœur n’y est pas et qu’on trouve que ça ne sent pas bon. C’est déjà l’intuition qui se fait sentir. Mais on ne l’écoute pas, car on a besoin d’argent. Puis à force de se faire plus confiance, on fait de meilleurs choix. Parce que lorsqu’on refuse un mandat, peu importe la raison (trop petit budget, délais trop serrés, manque d’intérêt) on fait de la place pour un meilleur projet, plus près de ses valeurs, plus payant, plus trippant. Oui, il faut apprendre à dire non. J’ai appris depuis longtemps à flairer les gens qui cherchent uniquement un bas prix.

 

2.Les clients mécontents sont ceux avec qui tu apprends le plus. Tu t’en rends compte plus tard, car pendant le mandat, tu angoisses chaque fois que tu vois le numéro de ce client. Il a toujours des questions, doute de ton travail, change le brief, prend du temps à te payer, etc. Mais au final, il t’a appris plusieurs leçons. Tu ne retravailleras peut-être pas avec lui, mais grâce à lui tu seras meilleur pour tes meilleurs clients. Les leçons s’apprennent souvent dans la douleur. C’est plate, mais c’est comme ça.

 

3.La liberté est le plus grand avantage d’être à son compte. On ne le dira jamais assez.  Travailler lorsqu’on est le plus productif nous permet de moins travailler. Je m’explique. Si vous n’aimez pas vous lever tôt et que vous vous rendez quand même au bureau pour 8 h, vous risquez de prendre 3 h à faire une tache qui vous aurait pris 1 heure lorsque vous êtes dans votre flow. Lorsque vous êtes à votre compte, personne ne vous dit que vous partez tôt lorsqu’à 15 h vous avez terminé votre journée de travail. Et personne ne vous juge de prolonger votre week-end en terminant à midi le vendredi. Les week-ends de 3 jours peuvent permettre un décrochage rapide sans prendre des vacances. Travailler le samedi et le dimanche matin peut aussi être très bénéfique. Pas de courriels, pas d’appels, les projets avancent plus vite.

 

4.Mon offre de service évolue. J’ai inclus la rédaction web à mes services il y a 8 ans, maintenant j’offre aussi la rédaction de billet de blogue et d’infolettre.  Pendant quelques années, j’ai fait de l’animation de médias sociaux. Je n’offre plus ce service, par contre, je connais les bonnes personnes pour le faire. C’est le marché et les demandes de mes clients qui influencent mon offre de services. Ne pas évoluer, c’est comme faire un pas en arrière.

 

5.Gérer l’argent, ça s’apprend. Certains clients ne te payeront jamais, te payeront en retard ou voudront négocier jusqu’à la dernière cenne. Ça fait partie de la game et il faut l’accepter. Être à son compte implique effectivement d’apprendre à facturer ses clients et à collecter son dû. Afin d’éviter de mauvaises surprises, c’est important d’avoir des traces écrites comme un devis signé. Et autant que possible, exiger 50 % du montant de la facture avant le début du projet. Malgré ça, de temps en temps, j’attends un chèque pendant 90 jours. Il faut aussi penser à faire religieusement ses versements d’acomptes provisionnels et mettre de côté l’argent des taxes. Mais la beauté de l’affaire, c’est que mon salaire est directement relié à mes efforts. Et qu’il n’y a pas de limites.

 

6.Toutes les peurs sont injustifiées.  Les scénarios catastrophes que je m’imagine n’arriveront jamais, 95 % du temps. Mon client ne sera pas content, tout va arriver en même temps, je vais avoir de la difficulté à me faire payer… Il faut apprendre à lâcher-prise sur ce qu’on ne contrôle pas. Ça ne donne rien de continuer d’imaginer le pire et de faire aller constamment nos pensées. Ça crée un stress inutile. Tout finit toujours par se placer. Ta  job est déjà assez stressante comme ça, n’en rajoute pas inutilement.

 

7.La loi du 80 – 20 fonctionne.  La fameuse loi de Pareto s’applique, qu’on le veuille ou non. En moyenne, 20 % de mes clients me procurent 80 % de mon chiffre d’affaires. Ce qui veut dire, occupe-toi toujours en priorité de tes meilleurs clients, car c’est la récurrence qui paie ton loyer. Mes bons clients sont mes meilleurs ambassadeurs. Comme ils voient une valeur ajoutée à mon travail, ils n’hésiteront jamais à me recommander à un autre client.  L’inverse est aussi vrai, 80 % des problèmes sont causés par seulement 20 % des clients.

 

8.Les idées n’ont pas d’horaire. Même si tu travailles de 8 à 4, tu peux avoir un flash pour un de tes projets le samedi après-midi lorsque tu te promènes dans le bois. D’ailleurs, les idées arrivent souvent en marchant. J’ai toujours papier et crayon sur moi pour être prêt à noter ma prochaine grande idée. Même lorsqu’on veut décrocher, notre subconscient continue de travailler. Il faut apprendre à vivre avec ça.

 

9. Il faut savoir s’entourer d’un dream team. On ne peut pas être bon dans tout et il faut être prêt à monter une équipe rapidement pour répondre aux besoins de nos clients. Je déteste la comptabilité, jamais je ne me risquerais à faire moi-même mes rapports de taxes. Investir dans un comptable, c’est comme investir dans ma paix d’esprit. Je me suis aussi monté une équipe multidisciplinaire avec qui j’adore travailler. Afin d’avoir une offre de service complète, je collabore avec des pros en traduction, production multimédia, design graphique, stratégie web et révision linguistique.

 

10.Le bénévolat, c’est payant. Si c’était à refaire, je m’impliquerais plus dans des CA et je ferais moins de réseautage dans des événements. Pourquoi? Parce que dans un CA, ce sont des gens qui ont déjà un réseau. Et que c’est une bonne façon de démontrer son expertise. De plus, en se voyant chaque mois, on crée des liens avec les autres membres. Et ces liens sont basés sur un intérêt envers une cause commune.

 

 

J’aime ma job parce qu’écrire je fais ça tout le temps. Et ça adonne que je suis payé pour le faire. Si ce n’était pas mon travail, j’écrirais pareil. Chaque jour, j’écris des choses différentes. Avec les 26 lettres de l’alphabet, je m’amuse. Tantôt je travaille sur un slogan de marque, puis un site web et un dépliant. Chaque client est différent et il n’y a pas un brief pareil. Je ne peux pas m’ennuyer.

Mon emploi me permet de me réaliser. Je suis libre. Ça tombe bien car la liberté est ma valeur principale dans la vie. Je n’ai pas de boss. Je gère mon propre horaire. Même si, parfois, il est dicté par des deadlines de fou. Mais je fais avec. Parce que j’accepte de chambouler mon horaire pour pouvoir en profiter plus tard. Je suis quelqu’un de plutôt matinal, alors je m’organise pour rédiger le plus possible entre 7 h 30 et midi. C’est fou ce qu’on peut accomplir comme travail lorsqu’on est vraiment concentré. Pour ça, la technique de Pomodoro est assez utile.

Être à mon compte me permet aussi de travailler n’importe où. J’ai juste besoin de mon portable et d’une connexion internet. Je partage mon temps entre le centre d’affaires Le Copilote, mon bureau à la maison et la brûlerie Vieux-Limoilou. Le fait de changer d’endroit garde ma créativité éveillée. En changeant d’environnement, j’amène de nouveaux éléments qui influencent ma rédaction.

Être pigiste me permet d’avoir du temps pour autre chose, pour des projets d’écriture plus personnels, d’autres projets d’affaires ou de l’implication sociale. J’ai parlé de la gestion souple de l’horaire, mais j’y reviens car c’est primordial. Je travaille en moyenne 47 semaines par année. Et je prends des week-ends de 3 jours de temps en temps. Sans compter que je travaille rarement après 15 h le vendredi après-midi. Par contre, je peux passer 4 h à travailler dans un café le samedi matin. Ce contrôle sur le temps me donne vraiment l’impression d’être en contrôle de ma vie.

J’aime être pigiste parce que ça me permet de rester jeune. Je suis constamment en mode solution et en mode prospection. Je rencontre des gens, je développe des affaires et des concepts. Je gère des relations avec des clients. D’ailleurs, dans mon domaine, lorsqu’un client est content, tu le sais tout de suite. La tape dans le dos vient vite. Mais les insatisfactions viennent aussi rapidement. Il faut apprendre à se faire une carapace et accepter que les commentaires ne sont pas dirigés envers toi, mais plutôt envers ton travail. Pas facile de faire la part des choses.

Mais j’ai la liberté de choisir les clients avec qui je veux travailler, ceux qui correspondent à mes valeurs et qui ne cherchent pas juste un prix. J’aime connaitre vraiment mes clients, créer une relation avec eux. Sentir que je suis un collaborateur. Que je peux vraiment les aider et que l’on peut discuter d’autre chose que du mandat à réaliser.

J’aime ma vie de travailleur autonome car je réussis à avoir un équilibre malgré le fait que ma vie est un blendeur (Expression empruntée à mon ami et client Sylvain de Sénik). Je m’explique. Certains clients sont aussi des amis. Tu parles de ta job le week-end, le soir, en vacances. Tu es toujours en mode prospection. Tu peux avoir une idée de concept en prenant une marche le samedi matin. Tu peux être obligé de travailler très tôt ou très tard pour livrer un mandat. Bref, tout est mélangé. Ce qui peut créer une grande charge de stress et un mental agité. Mais j’ai trouvé une façon de ne pas virer fou.

Pour garder un équilibre mental et physique, je me suis créé une routine gagnante. Je me réveille vers 6 h 30 et je bois un grand verre d’eau. Ensuite, je rédige les Pages du matin, il s’agit de 3 pages d’écriture automatique. Ça me permet d’évacuer mes angoisses, de laisser aller mon imagination et d’être déjà en mode créatif avant de commencer à travailler. Pour connecter avec mon intuition et calmer mon mental, j’ai un cours de yoga méditation chaque mercredi soir. Pour sortir le stress, je fais du spinning le jeudi soir. Et finalement, je me connecte avec la nature en allant marcher dans le bois le dimanche. Et à travers ça, j’essaie de bien manger et de lire au moins 30 minutes par jour.

Finalement, j’aime ma job parce que mes revenus sont proportionnels à mes efforts. Que j’atteigne mes objectifs ou non, j’en suis le seul responsable. Cette responsabilisation est selon moi la meilleure façon d’être heureux et d’aimer vraiment ce que tu fais.

Tout le monde se fait une liste de choses à faire pendant leurs vacances, mais moi je préfère penser à tout ce dont je n’aurai pas envie. Voici donc une courte liste d’activités qui ne sont pas prévues à mon horaire pendant mes deux semaines à l’extérieur du bureau.

5 choses que je ne ferai pas en vacances - Patrick Goulet

En vacances, le temps ne me touche pas !

1 – Lire un brief.

Je vais plutôt opter pour des magazines, des cartes routières, des menus de restaurants, des guides d’informations touristiques. Bien sûr, j’ai aussi quelques livres dans mes valises. J’ai très hâte de terminer la lecture de La fille de papier de Guillaume Musso. J’aimerais aussi lire La solitude du vainqueur de Paulo Coelho et Sorties de zone de Daniel Blouin.

2 – Écrire.

Ça, ce n’est pas tout à fait vrai. Ce n’est pas parce que je n’écrirai pas de publicités ou de sites web que je n’écrirai pas pour autant. Ça fait partie de mon essence. C’est plus fort que moi. Je vais me laisser inspirer par la nature pour me replonger dans l’écriture de mon roman. Je suis rendu à la page 30. Et si je veux le publier un jour, je dois faire vivre quelques aventures à mes personnages :)

3 – Être stressé.

J’ai bien l’intention de laisser mon stress à Québec. Ou quelque part sur la route de la Gaspésie. Je vais remplacer l’expression deadline par moment présent. Je vais improviser sans regarder ma montre. Parce que franchement, ça sert à quoi de regarder l’heure quand tu es en vacances ?

4 – Regarder mes courriels.

Vous pouvez m’écrire si vous voulez. Mais je ne répondrai pas. C’est comme ça. Et c’est la seule façon de vraiment décrocher.  Je préfère poser mon regard sur le coucher de soleil, les montagnes, le fleuve, les oiseaux, les poissons. Bref, des choses plus inspirantes pour se ressourcer.

5 – Avoir des idées.

Malheureusement, ça risque de ne pas être possible. Car pendant mes vacances j’ai toujours plein d’idées de projets. Je les note et j’y travaille plus tard. La distance, le contexte, le décor, tout ça amène une nouvelle perspective sur des projets déjà entamés. L’inspiration peut arriver de nulle part. Et je suis prêt !