Lors de mes vacances estivales, j’ai ajouté plus de 2000 kilomètres au compteur de ma voiture. Ça en fait des villes et des villages à traverser pour se rendre à Carleton-sur-Mer. J’adore faire de la route. Pour moi, ça fait partie du voyage. Je suis toujours curieux de découvrir de nouveaux paysages. Plusieurs éléments du décor attirent mon attention, les vieilles granges, les petits villages rustiques, les ballots de foin dans les champs et bien sûr les slogans des villes, villages et MRC. À force d’en lire, j’ai fini par trouver une constante. J’ai statué qu’il y avait trois types de slogans de villes : le descriptif, l’attitude et le généraliste.

Promenade sur la plage à Carleton-sur-Mer

Promenade sur la plage à Carleton-sur-Mer

Le slogan descriptif

Montmagny : Capitale de l’oie blanche

Ce n’est peut-être pas original mais ce slogan a le mérite d’être vrai. Il colle à la peau de cette ville qui est reconnue partout au Québec pour sa population d’oies blanches.

Sainte-Flavie : Porte d’entrée de la Gaspésie

Par ce slogan, la ville se positionne comme un endroit incontournable où arrêter sur la route de la Gaspésie. Sainte-Flavie mise sur son emplacement géographique pour se distinguer. C’est simple et honnête.

Causapscal : Capitale de la pêche au saumon

À voir le nombre de pêcheurs campés sur le bord de la rivière Matapédia, je n’ai pas de difficulté à croire que cette ville se distingue par sa quantité de saumons. Ce slogan ne fait pas de détours et cible directement les pêcheurs.

Le slogan attitude

Amqui : Là où l’on s’amuse

Je comprends que l’on peut s’amuser à Amqui, comme partout ailleurs. Le problème, c’est qu’on ne me dit pas ce qui est amusant. Est-ce que ce sont les gens qui sont amusants, les activités sportives, la nature? En ce sens, une pancarte vue dans la Vallée de la Matépédia est plus claire : un paradis terrestre pour les amateurs de quad.

Chandler: Une mer de possibilités

C’est vrai qu’avec ses trois longues plages, la mer est très présente à Chandler. Mais après avoir participé au spectacle Nova Lumina présenté à Chadler, j’aurais tendance à changer le slogan pour une mer d’étoiles. Un peu de poésie n’a jamais fait de mal à personne…

Nouvelle : Fiers de nos origines

Saviez-vous que c’est au Parc national de Miguasha situé à Nouvelle qu’ont été retrouvés les plus vieux ossements de poisson au monde? Avec une histoire riche de 380 millions d’années, je comprends que les habitants soient fiers de leurs origines. C’est un slogan assez généraliste mais il est collé à l’histoire de la ville.

New Carlisle : Living in harmony

Eh oui, le slogan de la ville est anglais. Même sur le site web français. Pas surprenant car lorsque j’ai traversé la ville, je me suis surpris à voir plusieurs affiches de commerces uniquement en anglais. Si la police de la langue française passe dans le coin, je ne suis pas convaincu que l’harmonie va continuer de régner…

Le slogan généraliste

New Richmond : Une ville à vivre

Ceci est un bel exemple de slogan qui ne veut rien dire. Il semble avoir été décidé par un conseil d’administration. Malheureusement, il peut s’appliquer à n’importe quel produit ou service. Il n’est pas unique et ne mise sur aucun attribut de la ville. Un slogan qui ne vit pas longtemps dans notre mémoire…

La Pocatière : C’est ici que ça commence

La question que je me suis posée en lisant ça sur le bord de la 20 a été : « Mais qu’est-ce qui commence ici? » Et comme je n’avais pas de réponses, j’ai dû me rendre à l’évidence que ce n’était pas clair. C’est tellement flou. Tout peut commencer n’importe où. C’est dur de se différencier en misant sur ce point. Surtout lorsque l’on sait que La Pocatière est reconnue comme un des plus beaux endroits pour admirer les couchers de soleil. Peut-être que c’est ça finalement, les plus beaux couchers de soleil commencent ici.

Un merci spécial à ma blonde qui prenait des notes sur la route pour me permettre d’écrire ce billet à mon retour de vacances. La prochaine fois que vous parcourrez le Québec, je vous invite à porter attention aux slogans des villes et villages. Il y a des perles.

Tout le monde se fait une liste de choses à faire pendant leurs vacances, mais moi je préfère penser à tout ce dont je n’aurai pas envie. Voici donc une courte liste d’activités qui ne sont pas prévues à mon horaire pendant mes deux semaines à l’extérieur du bureau.

5 choses que je ne ferai pas en vacances - Patrick Goulet

En vacances, le temps ne me touche pas !

1 – Lire un brief.

Je vais plutôt opter pour des magazines, des cartes routières, des menus de restaurants, des guides d’informations touristiques. Bien sûr, j’ai aussi quelques livres dans mes valises. J’ai très hâte de terminer la lecture de La fille de papier de Guillaume Musso. J’aimerais aussi lire La solitude du vainqueur de Paulo Coelho et Sorties de zone de Daniel Blouin.

2 – Écrire.

Ça, ce n’est pas tout à fait vrai. Ce n’est pas parce que je n’écrirai pas de publicités ou de sites web que je n’écrirai pas pour autant. Ça fait partie de mon essence. C’est plus fort que moi. Je vais me laisser inspirer par la nature pour me replonger dans l’écriture de mon roman. Je suis rendu à la page 30. Et si je veux le publier un jour, je dois faire vivre quelques aventures à mes personnages :)

3 – Être stressé.

J’ai bien l’intention de laisser mon stress à Québec. Ou quelque part sur la route de la Gaspésie. Je vais remplacer l’expression deadline par moment présent. Je vais improviser sans regarder ma montre. Parce que franchement, ça sert à quoi de regarder l’heure quand tu es en vacances ?

4 – Regarder mes courriels.

Vous pouvez m’écrire si vous voulez. Mais je ne répondrai pas. C’est comme ça. Et c’est la seule façon de vraiment décrocher.  Je préfère poser mon regard sur le coucher de soleil, les montagnes, le fleuve, les oiseaux, les poissons. Bref, des choses plus inspirantes pour se ressourcer.

5 – Avoir des idées.

Malheureusement, ça risque de ne pas être possible. Car pendant mes vacances j’ai toujours plein d’idées de projets. Je les note et j’y travaille plus tard. La distance, le contexte, le décor, tout ça amène une nouvelle perspective sur des projets déjà entamés. L’inspiration peut arriver de nulle part. Et je suis prêt !

 

 

 

 

 

J’ai passé une semaine à Paris dernièrement. En passant, les Parisiens sont beaucoup plus sympathiques que ce qu’on m’avait dit. C’est surtout la différence entre leur français et le nôtre qui m’a le plus surpris.

Bien sûr, il y a le langage parlé et les expressions. Un cul-de-sac est un sans issue. Un coke diète est un coca light. Une vente de garage est un vide-grenier.  Jusque-là, ça va ! Et c’est plutôt comique. Même que plusieurs de leurs termes ont plus de sens que les nôtres. Après tout, ce sont des pionniers de la langue française.

Quand vient le temps de déchiffrer la publicité française, là ça se complique. Je pige un concept publicitaire sur deux (j’exagère peut-être un peu). 

Première constatation : il y a une surenchère d’anglicismes, quand ce n’est pas carrément de l’anglais. En plus des nombreuses expressions parlées, écrites au son. Dans cette pub de Schweppes, pourquoi le slogan est en anglais ? Ça fait fashion ? Et surtout, c’est quoi le rapport ?

Deuxièmement, la publicité parisienne est plus éclatée et provocatrice. L’humour est souvent deuxième degré. Voire à n’y rien comprendre. Comme dans cette affiche d’un éditeur. Une Française m’expliquait que c’est le fait  que ça n’a aucun sens qui est drôle. Heu, OK. Il y a vraiment un monde entre l’humour français et l’humour québécois.

Troisièmement, les Français sont forts en affichage. L’affiche est présente partout. Mais pas de façon sauvage comme sur nos chantiers de construction. C’est fait avec goût et ça s’intègre bien dans le décor. Les Français ne sont pas les inventeurs de la colonne Morris pour rien !

Bref, je ne pourrais pas travailler en publicité à Paris sans y avoir vécu quelques années. Question de s’imprégner du langage et de la culture. Parce que la pub est souvent culturelle. Elle joue avec des codes que l’on doit maîtriser. Pour vous en convaincre, lisez Les 36 cordes sensibles des Québécois, encore pertinentes aujourd’hui. Et si on faisait l’expérience avec nos cousins, pourriez-vous nommer quelques-unes de leurs cordes sensibles ?           

 

Lors de mes vacances, j’ai fait beaucoup de route. J’ai traversé des villes et des villages. Et j’ai vu plein de belles pancartes qui essayaient de vendre leur coin de pays avec un slogan et une belle image. Mais un slogan de ville, est-ce vraiment nécessaire ? Qui s’est déjà basé sur un slogan de ville pour la visiter ou aller y habiter ? Qui se souvient d’un slogan de ville ? Je doute fort que ça fasse pencher la balance. Sur la route, j’ai vu des perles. Je vous en partage quelques-unes.

Là où l’on s’amuse ! – Amqui

Viens nous ouère ! – Une ville du Nouveau-Brunswick sur la transcanadienne

Là où il fait bon vivre ! – La Matépédia

Une ville à choisir, un avenir à réussir ! – Mirabel

Une ville à la campagne – Laurier-Station

Beloeil je m’y vois ! – Beloeil

Certains doivent se dirent : « Mais il se tire dans le pied, il fait ça dans la vie ! » Vous avez un peu raison, mais je suis capable de critiquer mon métier.  Je n’ai jamais eu l’opportunité de travailler sur un slogan de ville. Mais j’aimerais bien essayer… pour en trouver un vraiment original ! Même si je sais que ça ne changera probablement rien à votre opinion :) Perception, quand tu nous tiens…

 

 

 

3 bonnes raisons de prendre des vacances

  1. Décrocher. Pas de téléphone intelligent. Pas de tablette. Aucun statut Facebook. Pas de courriels non plus. Fini les nouvelles. Le seul vrai moyen de décrocher : faire un décrochage technologique complet.

    vacances brasseur d'idées

    Illustration : Terminus Création

  2. S’inspirer. Lorsque je suis en vacances, je dois visiter de nouveaux endroits. Je veux découvrir la vie culturelle, les restaurants, les bars, les pistes cyclables et la nature d’une ville parfaitement inconnue. Je veux marcher ses quartiers, découvrir ses ruelles, sentir son odeur. Vibrer à son rythme. Pour imprimer de nouvelles images dans ma tête. Pour ramener un peu de cet univers avec moi.                                                                                           
  3. Lire et écrire. Un classique. Lorsque je pars en vacances, je pige dans ma bibliothèque de romans de Frédéric Beigbeder. Je me laisse transporter par ses mots. Et j’en écris à mon tour. Je traine calepin et crayon partout. Parce qu’en vacances, j’ai souvent des idées de projets. Je mets des mots sur que je ressens, ce que je découvre. Des annotations anodines. Souvent l’embryon de quelque chose de plus grand. Parce qu’écrire est un autre moyen de s’évader. Ça fait partie du voyage.
Bien sûr, se reposer peut aussi être une excellente raison de partir loin du bureau. Et vous, pourquoi prenez-vous des vacances ?