La barrière de la langue française

J’ai passé une semaine à Paris dernièrement. En passant, les Parisiens sont beaucoup plus sympathiques que ce qu’on m’avait dit. C’est surtout la différence entre leur français et le nôtre qui m’a le plus surpris.

Bien sûr, il y a le langage parlé et les expressions. Un cul-de-sac est un sans issue. Un coke diète est un coca light. Une vente de garage est un vide-grenier.  Jusque-là, ça va ! Et c’est plutôt comique. Même que plusieurs de leurs termes ont plus de sens que les nôtres. Après tout, ce sont des pionniers de la langue française.

Quand vient le temps de déchiffrer la publicité française, là ça se complique. Je pige un concept publicitaire sur deux (j’exagère peut-être un peu). 

Première constatation : il y a une surenchère d’anglicismes, quand ce n’est pas carrément de l’anglais. En plus des nombreuses expressions parlées, écrites au son. Dans cette pub de Schweppes, pourquoi le slogan est en anglais ? Ça fait fashion ? Et surtout, c’est quoi le rapport ?

Deuxièmement, la publicité parisienne est plus éclatée et provocatrice. L’humour est souvent deuxième degré. Voire à n’y rien comprendre. Comme dans cette affiche d’un éditeur. Une Française m’expliquait que c’est le fait  que ça n’a aucun sens qui est drôle. Heu, OK. Il y a vraiment un monde entre l’humour français et l’humour québécois.

Troisièmement, les Français sont forts en affichage. L’affiche est présente partout. Mais pas de façon sauvage comme sur nos chantiers de construction. C’est fait avec goût et ça s’intègre bien dans le décor. Les Français ne sont pas les inventeurs de la colonne Morris pour rien !

Bref, je ne pourrais pas travailler en publicité à Paris sans y avoir vécu quelques années. Question de s’imprégner du langage et de la culture. Parce que la pub est souvent culturelle. Elle joue avec des codes que l’on doit maîtriser. Pour vous en convaincre, lisez Les 36 cordes sensibles des Québécois, encore pertinentes aujourd’hui. Et si on faisait l’expérience avec nos cousins, pourriez-vous nommer quelques-unes de leurs cordes sensibles ?           

 

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One thought on “La barrière de la langue française

  1. Bonjour Patrick,
    En tant que Française vivant au Québec et travaillant dans la communication, j’ai moi aussi été confrontée aux différences des codes culturels entre les deux pays (mais c’est aussi ce qui le charme déroutant de la vie dans un autre pays).
    S’il me fallait nommer des cordes sensibles des Français, je proposerais : l’épicurisme, l’ironie, le patrimoine, la séduction, la nostalgie, l’attrait du luxe, la famille, le terroir, l’irrévérence…

    Concernant les Pub Schweppes, rassurez-vous, beaucoup de Français ne les comprennent pas non plus (et leurs versions TV en mettent même plusieurs mal à l’aise).

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